L’incendie au sein de l’usine Seveso Lubrizol s’est déclaré peu avant 3 heures du matin, jeudi 26 septembre 2019. (©RT/76actu)
Le président de l’association écologiste Robin des bois, Jacky Bonnemains, s’est rendu à Rouen (Seine-Maritime), constater les dégâts, au lendemain de la catastrophe industrielle de Lubrizol. Vendredi 27 septembre 2019, il annonce que son organisation non gouvernementale (ONG) déposera plainte, « sans aucun doute ». Une procédure judiciaire déjà menée à la suite de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Selon Jacky Bonnemains, « on est dans la même argumentation qu’avec Notre-Dame, c’est la même doctrine qui consiste à dire à la population que tout va bien : ‘Circulez, il n’y a rien à voir.’ Ça suffit. »
Le panache de fumée au dessus de #Rouen #Lubrizol @76actu pic.twitter.com/QPqFtZDYAZ
— Raphaël Tual (@raphtual) September 26, 2019
« Que les analyses soient financées par le responsable »
Robin des bois demande au préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, de « prendre un arrêté obligeant Lubrizol à faire des analyses dans les milieux urbains, dans le monde rural, dans les élevages, les potagers, etc. », conformément à la circulaire du 20 février 2012 relative à la gestion des impacts environnementaux et sanitaires d’événements d’origine technologique. « Que les analyses soient financées par le responsable », insiste Jacky Bonnemains.
Dans le même temps, l’ONG somme l’État de « mettre en place une « cellule post accident technologique, comme cela a été fait après l’incendie dans l’usine Norval« , près de Duclair, en juillet 2019.
Jacky Bonnemains dit avoir « constaté l’atmosphère irrespirable dans les locaux évacués de France 3, j’entends que ce sont les femmes de ménage qui nettoient les crèches, mais ce sont des poussières toxiques ! »
Les conséquences des catastrophes « négligées »
Jacky Bonnemains dit en avoir « marre que les conséquences des catastrophes industrielles soient négligés par les pouvoirs publics. On est obligé de les pousser pour qu’il y ait des investigations ».
Lors d’une conférence de presse, samedi 26 septembre, le préfet Pierre André-Durant assurait que les 78 mesures de la qualité de l’air effectuées entre 4 heures du matin et 16 heures, ne laissaient apparaître aucune nocivité pour l’homme.
Vendredi soir, un petit groupe de citoyens s’étaient réunis devant la préfecture pour demander « la vérité » sur les conséquences de la catastrophe de l’usine Lubrizol, classée Seveso seuil haut.
À l’initiative de quelques gilets jaunes, une quarantaine de personnes se sont réunies munies de leur masque en scandant « on veut la vérité ! » #Rouen #Lubrizol pic.twitter.com/wbrXFwbLuB
— Astrid Verdun (@AstridNudrev) September 27, 2019
Une enquête judiciaire en cours
Une enquête judiciaire a été ouverte pour « destructions involontaires par l’effet d’une explosion ou d’un incendie » et confiée au service régional de police judiciaire de Rouen, en co-saisine avec l’office central contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, la direction centrale de la police judiciaire et la direction générale de la gendarmerie nationale.