Incendie chez Lubrizol à Rouen : les écologistes demandent des comptes au préfet

Incendie chez Lubrizol à Rouen : les écologistes demandent des comptes au préfet

Le préfet de Seine-Maritime a fait preuve de "manquements" dans la gestion de la catastrophe industrielle survenue dans l'usine Lubrizol à Rouen, selon les élus écologistes.

Le préfet de Seine-Maritime a fait preuve de « manquements » dans la gestion de la catastrophe industrielle survenue dans l’usine Lubrizol à Rouen, selon les élus écologistes. (©Fabien Massin/76actu)

Au lendemain de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), vendredi 27 septembre 2019, les élus du groupe écologiste Décidons Rouen ont demandé au président de la Métropole l’audition du préfet Pierre-André Durand devant le conseil de la collectivité, lundi prochain. Selon le chef de file du groupe, Jean-Michel Bérégovoy, « il y a eu des approximations, des hésitations, des manques de transparence et d’information évidents » dans la gestion de la crise engendrée par cette catastrophe industrielle. L’élu ne mâche pas ses mots :

Soit c’est de l’amateurisme et c’est grave. Soit c’est volontaire et c’est encore plus grave.

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« Un toit amianté de 8 000 m² carré a pris feu »

Les consignes de sécurité ont tardé à venir, selon Jean-Michel Bérégovoy. « Nous sommes, Françoise et moi-même, au côté d’Yvon Robert au PC de crise le matin même à la Ville de Rouen. Il est 8h30 et on ne sait pas vraiment exactement ce que l’on doit faire. On n’a pas de consigne claire de la part de l’État. On réagit en fonction de ce que nous, nous comprenons de la situation. »

À midi vendredi, aucun élu n’avait encore d’informations précises sur le niveau de toxicité et de dangerosité des produits. Les écologistes jugent également tardif l’arrêté annonçant la fermeture des écoles jeudi. Et certaines n’ont pas fermé alors qu’elles se trouvent sur le territoire impacté par les fumées. « Je pense notamment à Déville-lès-Rouen », développe Jean-Michel Bérégovoy. D’autre part, des maires ont eu un contact avec les autorités des heures après le début de l’incendie. Celui de Maromme, David Lamiray, fait par exemple état d’un premier contact à 14h25.

Autre surprise pour le groupe Décidons Rouen, Christophe Castaner venant dire « que tout va bien et qu’il n’y a aucun danger pour les populations alors qu’on sent monter l’anxiété chez les gens et le doute sur la véracité de ce qu’on leur raconte ». De nombreuses interrogations restent en suspens, souvent relayées par les habitants. Les élus souhaiteraient les élucider dans un face à face avec le préfet lors du conseil.

Pour appuyer le manque de transparence dont Pierre-André Durand ferait preuve, l’élu écologiste révèle une information pour l’instant inconnue du grand public, qui lui aurait été communiquée par un ingénieur « très bien renseigné » sur le dossier :

Dans un bâtiment qui a pris feu, il y avait un toit en fibrociment de 8 000 m², c’est à dire amianté.

La limitation de l’information crée la suspicion

Deux autres élus du groupe, Cyrille Moreau et Françoise Lesconnec, sont en charge des plans de prévention des risques technologiques (PPRT), respectivement à la Métropole et à la Ville. « À aucun moment nous n’avons été associés par les services de l’État au processus, regrette Cyrille Moreau. En dehors de la Ville de Rouen où il y a eu quelques informations, le reste nous avons dû aller le chercher. » Il poursuit :

Notre société peut accepter le risque, mais il faut que l’ensemble des parties prenantes puissent témoigner que « ça semble convenir » : les industriels, les autorités de l’État, les associations qui militent pour la sécurité de leurs concitoyen et les élus. Quand on commence à tenir à l’écart une partie de la composante, les élus et les associations, forcément ça vient nourrir la suspicion.

Les élus de Décidons Rouen remettent en question la culture française de la limitation de l’information avec « une doctrine qui n’a jamais varié ». Un rapprochement est prévu pour rencontrer le collectif de Rouennais formé afin demander des comptes à l’État sur l’incident de Lubrizol et qui manifestait devant la préfecture vendredi un peu avant 17 heures.

« La culture du risque doit être absolument intégrée », insiste Françoise Lesconnec, qui comme ses collègues souhaitent, à terme, des solutions pour déplacer les sites Seveso loin des centres urbains. Jean-Michel Bérégovoy souligne d’ailleurs :

Si cette catastrophe avait eu lieu six ans plus tard, on aurait eu un quartier constitué à quelques centaines de mètres. 5 000 habitants et 5 000 salariés. Pour les 5 000 habitants, vu l’heure où c’est arrivé, dans les mêmes conditions, on aurait pu craindre le pire.

• VIDEO. La réaction des élus écologistes de Rouen au lendemain de l’incendie de l’usine Lubrizol :

En direct : le groupe écologiste décidons Rouen s'exprime sur l'incendie de Lubrizol

Publiée par 76 actu sur Vendredi 27 septembre 2019

Lire aussi : Incendie Lubrizol à Rouen. Les élus de gauche de la Métropole exigent sécurité et transparence

76actu

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