Deux hommes condamnés à Rouen pour leur juteux trafic de cannabis et cocaïne

Deux hommes condamnés à Rouen pour leur juteux trafic de cannabis et cocaïne

Deux hommes ont été condamnés pour trafic de stupéfiants, par le tribunal correctionnel de Rouen, mardi 24 septembre 2019.

Deux hommes ont été condamnés pour trafic de stupéfiants, par le tribunal correctionnel de Rouen, mardi 24 septembre 2019. (©Adobe stock/illustration)

Les deux hommes revendaient de lourdes quantités de cannabis et de cocaïne. Âgés de 26 et 34 ans, ils ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Rouen (Seine-Maritime), mardi 24 septembre 2019.

Tout commence par une interpellation d’un consommateur de stupéfiants courant 2019. Lors de son audition, celui-ci révèle l’identité de son revendeur, son numéro de téléphone et son adresse. Il déclare aux enquêteurs qu’il « y a de tout dans cet appartement ».

Lire aussi : Il prenait en photo les pieds de jeunes étudiantes à Rouen : un homme de 28 ans condamné

Un appartement pour stocker la drogue

Une enquête est alors diligentée et le revendeur Loïc*, est placé sous surveillance et sur écoute. Les enquêteurs découvrent au fil des écoutes et des surveillances, un trafic important de cannabis et de cocaïne. Loïc avait loué un logement qui lui servait exclusivement de lieu de stockage pour ses stupéfiants. Jonathan*, un second suspect est identifié. 

Les enquêteurs vérifient les comptes bancaires et remarquent un train de vie supérieur à leurs revenus et de l’argent placé sur des livrets bancaires. « Au total, plus d’une dizaine de milliers d’euros », indique le tribunal.

La « peur des représailles »

Les deux trafiquants sont interpellés en août 2019. Les perquisitions sont fructueuses : environ 30 kilos de cannabis et quatre kilos de cocaïne, ainsi qu’une compteuse à billet, une presse, d’importantes sommes d’argent en liquide et plusieurs téléphones portable ont été saisis aux domiciles des prévenus.

En garde à vue, Loïc, reconnaît vendre du cannabis pour se faire de l’argent, mais indique que tout les stupéfiants ne sont pas à lui, qu’il sert de nourrice pour d’autres trafiquants, sans pour autant donner plus d’explications, « par peur des représailles ».

Jonathan, lui au contraire, avoue tout. Il reconnaît avoir acheté des stupéfiants par kilos et en avoir revendu. Il avoue également le projet d’achat de valises « marocaine » – permettant de ne pas être vue par les rayons X – d’une capacité de 30 kilos chacune. Le trafic « montait en puissance », selon lui.

Jusqu’à 10 000 euros de bénéfice

Face au tribunal, les deux prévenus maintiennent leurs déclarations. À force de questions et de patience du tribunal, Loïc reconnaît avoir vendu du cannabis « par plaquette de 100 grammes environ, par jour, à raison de 3 à 4 kilos par mois » et reconnaît du bout des lèvres la détention de cocaïne à son domicile niant toute vente.

Jonathan explique de son coté avoir acheté 30 kilos de cannabis pour avoir des prix, en avoir vendu environ 7 kilos. Lors des perquisitions, 12 kilos ont été retrouvés dans la cave de sa mère. Il explique avoir été dépassé par la demande des clients. Il concède également avoir vendu de la cocaïne. Il estimait leurs bénéfices à environ 10 000 euros pour Loïc et 7 000 euros pour Jonathan.

 « Ce ne sont pas des dealers à la petite semaine »

Pour le ministère public, les faits sont graves et les quantités retrouvées sont importantes : « Le chien de détection aux stupéfiants est devenu fou tellement la quantité était importante, les policiers ont du le sortir. »  Pour le procureur, « ce ne sont pas des dealers à la petite semaine avec de telles sommes et de telles quantités ».

Il requiert contre Loïc*, récidiviste, la peine de trois ans d’emprisonnement et son maintien en détention. Contre Jonathan, la peine requise est de deux ans avec également maintien en détention.

La défense demande la clémence

Selon l’avocate de Jonathan*, son client « a été dépassé par les demandes de ses clients », ajoutant qu’il a pleinement coopérer avec les forces de l’ordre et la justice. Elle rappelle que son client souffre d’une maladie mentale incompatible avec la détention.

Le conseil de Loïc demande au tribunal de relativiser l’ampleur de ce trafic : « On a seulement deux clients dans ce dossier. » Selon lui, son client, en CDI récemment papa, présente toutes les garanties pour se réinsérer.

Le tribunal reste insensible à ces arguments et ira au-delà des réquisitions du procureur en condamnant Loïc à la peine de quatre ans d’emprisonnement et Jonathan à la peine de trois ans d’emprisonnement. Les deux hommes sont maintenus en détention et voient leurs Plans épargne logement saisis par la justice.**

*Les prénoms ont été modifiés
** Cette peine est susceptible d’appel. Toute personne est présumée innocente tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées.

Frédéric Bernard

76actu

Les commentaires sont fermés.

Fabriqué avec WordPress | Theme: SpicePress par SpiceThemes