Interpellé par les manifestants inquiets de la disparition annoncée de la LER, Daniel Fidelin, maire de Montivilliers, a tenté de rassurer les habitants. (©MC Nouvellon / 76actu)
Ils étaient une centaine de manifestants réunis, lundi 23 septembre 2019 en fin de journée, sur le parvis de la mairie de Montivilliers (Seine-Maritime). Menés par l’opposition communiste, tous avaient fait le déplacement pour faire entendre aux élus, qui se réunissaient en conseil municipal, leur inquiétudes quant au projet de nouvelle ligne de tram sur l’agglomération du Havre, qui viendrait remplacer l’actuel train régional LER qui dessert la commune.
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Un « pré-projet » qui n’est « pas définitif », rassure le maire
« C’est complètement absurde, je ne sais pas qui a eu l’idée de faire ça ! » « C’est encore tout pour le Havre… » C’est sous les sifflets et protestations que Daniel Fidelin, maire (LR) de Montivilliers, a tenté de rassurer les manifestants venus dire leur opposition à la disparition de la LER, la Lézarde Express Régionale, qui devrait être remplacée par la future ligne de tram desservant l’agglomération du Havre.
« C’est une pré-étude sur un éventuel futur tram, ce n’est pas définitif et cela peut encore être modifié », a rappelé l’élu, invitant d’ailleurs les manifestants aux réunions publiques qui seront organisées sur le sujet la semaine prochaine. « Vous pourrez vous exprimer! » a-t-il assuré.
S’exprimer sur la question, les habitants qui avaient fait le déplacement ce soir n’ont pas attendu pour le faire. « Il ne sait pas de quoi il parle », s’indigne l’un deux. « C’est pas grave, c’est les municipales l’année prochaine », lui glisse son voisin. L’élu a beau argumenter, il aura du mal à convaincre.
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L’allongement des temps de trajet inquiète
Pourtant, il l’assure, « un éventuel tram permettra un passage toutes les dix minutes à partir de 5 heures du matin » alors que « la LER, c’est à partir de 6 heures et seulement toutes les demi-heures, et même toutes les heures le soir ».
Un argument qui ne rassure pas tellement les usagers de la LER, principalement inquiets des temps de trajet rallongés par la multiplication des arrêts d’un futur tram. « Si ça se fait vraiment, je reprendrai ma voiture ! » assure Isabelle, qui travaille au Havre.
Parmi les manifestants, François Baucher, représentant de la CGT à l’hôpital Monod s’inquiète également des conséquences pour le personnel de l’établissement. « Déjà que beaucoup finissent tard, si on leur rajoute du temps de trajet en plus… » Retraitée, Anne-Marie se fait elle du soucis pour « les personnes âgées qui vont en rendez-vous à l’hôpital, ça va compliquer les choses. »
Contestations et sifflets venant de la centaine de manifestants installés sur le parvis de la mairie ont ponctué les explications du maire. (©MC Nouvellon)
« Ils balancent plus de 300 millions d’euros là dedans, c’est illogique socialement, économiquement et écologiquement, ajoute Isabelle. Pourquoi ils ne réfléchissent pas plutôt à rallonger le train pour ceux qui habitent à Épouville ou Criquetot ? »
Il ne faudra pas 45 minutes pour aller au Havre, je ne l’accepterai pas, affirme de son côté le maire.
Lancée début septembre par le parti communiste, une pétition contre le projet a rassemblé « 1 224 signatures, auxquelles il faut en ajouter 150 qui nous ont été rapportées à l’occasion de la manifestation », précise Aurélien Leacheur, conseiller municipal d’opposition.
Réunions publiques :
Les deux réunions concernant le projet auront lieu lundi 30 septembre à 19 heures salle Michel Vallery, et jeudi 3 octobre.