75e anniversaire de la Libération de Rouen : le récit des opérations des Canadiens

75e anniversaire de la Libération de Rouen : le récit des opérations des Canadiens

Les éléments canadiens sont accueillis par les civils sur le Boulevard de Verdun, à Rouen, le 30 août 1944.

Les éléments canadiens sont accueillis par les civils sur le Boulevard de Verdun, à Rouen (Seine-Maritime), le 30 août 1944. (©D.R./Coll. Part.)

La Libération de Rouen (Seine-Maritime) s’est jouée en deux temps : la rive droite le 30 août 1944, et la rive gauche le lendemain.

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Les libérateurs viennent de Bonsecours

À Bonsecours, sur le plateau est de Rouen, le 30 août 1944, le poste de commandement du Stormont Dundas and Glengarry Highlanders (SDGH), régiment appartenant à la 9e brigade d’infanterie canadienne rattachée à la 3e division d’infanterie canadienne, reçoit la visite du brigadier et de l’officier chargé du renseignement.

Après étude de la situation, le SDGH est désigné pour effectuer une mission de reconnaissance en direction du pont aux Anglais. De là, il doit se rendre compte s’il reste des positions allemandes sur la rive gauche.

La patrouille quitte Bonsecours à 13h10. Elle reconnaît les rives de la Seine, vides d’éléments allemands. Les soldats effectuent une première reconnaissance du pont ferroviaire et le qualifient d’impraticable. Il est un peu plus de 16 heures. Les éclaireurs viennent de traverser le pont aux Anglais et rencontrent les premiers habitants de la rive gauche. Les civils leurs expliquent les derniers moments de l’occupation et le repli de l’armée allemande.

Entre temps, un gardien de la paix de Rouen, Jean Lanciaux, monte à Bonsecours à 14h30. Il va à la rencontre des Canadiens et leur explique qu’il n’y a plus aucune troupe allemande en état de combattre dans la ville. Les Canadiens n’ont cependant pas attendu le Français puisqu’à 14 heures, les premiers éléments alliés sont place Saint-Paul. En parallèle, d’autres détachements arrivent à l’est de Rouen en passant par la côte de Waddington, Saint-Léger-du-Bourg-Denis puis Darnétal.

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Les FFI en action

Les FFI (forces françaises de l’intérieur) qui sont actifs depuis le 29 août 1944, se lancent à l’assaut de l’Hôtel de ville de Rouen à 15h30. Un quart d’heure plus tard, M. Vial, directeur du service architecture de la ville, aidé par MM. Deneuve, Frison, Lainé et Quedville père (selon de livre de Gontran Pailhès) hissent le drapeau tricolore sur le fronton de la mairie de Rouen.

À 16h30, les premiers éléments du SDGH font leur apparition sur la place de l’hôtel de ville de Rouen : une jeep, une chenillette, des éléments à pied. Dans les rues, quelques civils les accueillent, mais nous sommes loin de l’image de la foule en liesse massée sur les trottoirs. Le 30 août, il y a encore peu de gens dans les rues. En revanche, le lendemain, la masse populaire sortie des abris acclamera réellement les troupes libératrices de passage dans Rouen.

Après avoir été ciblés par les tirs allemands pendant toute la nuit, les soldats du Highland Light Infantry of Canada (HLI of C) quittent Saint-Pierre-de-Franquville, traversent la route de Paris, et s’établissent à Notre-Dame-de-Franqueville. Le bataillon fait ensuite peu de mouvement durant la journée, si ce n’est en direction de Rouen. En effet, la compagnie A du HLI of C placée sous les ordres du Major GD Sim reçoit l’ordre d’entrer dans Rouen, accompagnée d’un carrier platoon.

Sa mission consiste à neutraliser toutes les poches de résistance allemandes pouvant subsister. La patrouille quitte ses positions à 16h30. Après une heure de reconnaissance, elle revient sur les hauteurs de Rouen. Le soir, c’est la compagnie D qui est envoyée dans Rouen. Elle doit y rester jusqu’au 31 août 1944.

Le 31 août 1944, date à laquelle la rive gauche de Rouen est libérée, la 9e brigade d’infanterie canadienne reprend sa progression en direction du nord : Cailly, Saint-Saëns, Pommeréval puis Eu.

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Libération de la rive gauche

Sur la rive gauche, la 2e division d’infanterie canadienne a dû faire face aux troupes allemandes en forêt de la Londe.

Le 31 août 1944, le 8e Régiment de reconnaissance envoie deux escadrons reconnaître la rive gauche. L’escadron B fonce en direction de Oissel. Il y est à 8h43 et continue sa progression. Une heure après, il se positionne à Quatremare. À 11 heure enfin, les troupes ont atteint les rives de la Seine, découvrant les nombreuses carcasses calcinées de véhicules allemands sur les quais.

L’escadron A opère en retrait et à gauche du précédent, suivant l’actuelle avenue des Canadiens. À 11h25, il entre dans Rouen rive gauche. Les éléments de reconnaissance, constatent l’état des ponts dans Rouen : ils sont inutilisables.

Le 2nd Field Coy Royal Canadian Engineers (sapeurs) est chargé de consolider le pont d’Eauplet pour le transformer pour permettre à des véhicules légers de passer.

Suivant les éléments de reconnaissance, la 6e brigade d’infanterie canadienne se dirige vers Rouen. Ces unités d’infanterie partent des Essarts, suivent l’avenue des Canadiens, atteignent Sotteville puis Rouen.

En soirée, les premiers éléments d’infanterie traversent la Seine sur le pont d’Eauplet. Les véhicules lourds en revanche transitent via Elbeuf. Le lendemain, la 2e division d’infanterie canadienne fait route vers Dieppe.

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