Christophe Choquart faisait partie des 15 figurants supporters du FCR à l’époque qui ont été choisis pour participer au tournage de À mort l’arbitre en 1983 à Rouen (Seine-Maritime). (©Images d’archives du film)
Le récit du tournage de À mort l’arbitre à Rouen (Seine-Maritime) en décembre 1983, est à l’image de son réalisateur Jean-Pierre Mocky, décédé jeudi 8 août 2019 : un peu de sérieux et une bonne dose de grand n’importe quoi ! Mais pour Christophe Choquart, figurant qui avait 16 ans à l’époque : « C’est surtout le souvenir de soirées passées à dîner avec des stars supers sympas, une fête pendant une semaine et un réalisateur qui était un vrai bon gueulard ».
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Une quinzaine de figurants, tous supporters !
Décembre 1983 : le Football club de Rouen est en D1, parmi ses plus fidèles supporters, Christophe Choquart 16 ans qui chaque soir de match vend les journaux. « Le président des supporters est venu me voir en me disant d’aller au bar à côté de l’entrée du stade, j’avais 16 ans pas beaucoup d’argent, j’avais un look un peu déjanté et surtout… j’étais supporter du FCR depuis mes 5 ans ! »
Guy (NDLR Guy Labrosse : le président des supporters) m’a dit qu’une équipe était au café et cherchait une quinzaine de figurants pour jouer dans un film qui allait se tourner à Diochon.
Une aubaine pour le fan de hard-rock dont le look et peut-être aussi le caractère ont convaincu sans trop de mal le régisseur. « Il fallait jouer un supporter, bon c’était dans mes cordes. Il fallait s’habiller en jaune et noir pendant les matches, se rendre dispo après et aller quelques jours pour le tournage à Paris. On a l’impression qu’on était hyper nombreux quand on regarde le film mais en fait il me semble qu’on était une quinzaine de figurants seulement. »
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VIDÉO. La bande annonce du film À mort l’arbitre, tourné en partie au stade Robert Diochon à Rouen
« Mocky gueulait tout le temps »
Christophe se souvient que le tournage a eu lieu pendant le match Rouen-Strasbourg « On avait gagné 3-0 ! » et Rouen-Metz : « 3-0… si je me souviens bien ! » Des scores qui pouvaient aider les figurants à être bien surchauffés : « On savait que Mocky filmait pendant qu’on hurlait mais on savait pas quelles images il garderait. »
Au coup de sifflet final, les supporters/figurants restaient sur place. « On voyait arriver sur le terrain tard les équipes du film, les acteurs et on devait rester selon les directives du réalisateur. « Tout a été tourné la nuit, c’était chaud mais c’était vraiment une super expérience et puis cette équipe…»
Dans mes souvenirs Mocky gueulait tout le temps sur le tournage comme à l’extérieur mais je crois que ça ne gênait personne ! »
Deux autres films tournés à Rouen au Havre
jean-Pierre Mocky a tourné deux autres films à Rouen : Les Vierges en 1963, Le piège à cons en 1977. Dans ce dernier, des scènes ont également été tournées au Havre.
« Serrault avait piqué un bus, Mocky était furieux »
Pour le figurant, l’équipe de comédiens dans À mort l’arbitre était à l’image de son réalisateur « Lorsqu’on est parti tourner à Paris dans un studio, tous les soirs figurants, acteurs et techniciens mangeaient et … buvaient ensemble ! C’était la fête tous les soirs et Serrault inventait des conneries chaque soir ! »
Après un tournage à Diochon, Michel Serrault a pris un bus de supporter, on est tous allé dedans, il avait décidé d’aller faire un tour. Quand on est revenus, Mocky nous attendait, il a passé un savon à Serrault…
Les fêtes faisaient selon le figurant partie de ces tournages qui se déroulaient seulement la nuit. « Et parfois elles l’emportaient sur le travail… Je me souviens qu’il a fallu plus d’une heure à Eddy Mitchell pour enchaîner trois coups de sifflet, un soir ! »
Pour le supporter qui était surnommé Hrubesch (ndlr : attaquant allemand de l’époque) y compris par l’équipe de Mocky, le tournage reste un excellent souvenir. « J’avais gagné 1600 francs, c’était pas mal quand même… » Et une envie soudaine de faire du cinéma « mais je ne suis pas allé au bout » : un coup de tête !
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