Trois ans après le drame du Cuba Libre à Rouen, les familles des victimes attendent le procès

Trois ans après le drame du Cuba Libre à Rouen, les familles des victimes attendent le procès

Le procès de l'incendie du Cuba Libre à Rouen (Seine-Maritime) aura lieu du 9 au 13 septembre 2019.

Le procès de l’incendie du Cuba Libre à Rouen (Seine-Maritime) aura lieu du 9 au 13 septembre 2019. (©Archives/JB/76actu)

Le 5 août 2016, il y a trois ans exactement, 14 personnes périssaient dans un incendie, au sein d’un bar de Rouen (Seine-Maritime), Au Cuba Libre. Suite à ce drame, 140 personnes se sont portées partie civile. Les gérants du bar, deux frères, seront jugés pour « homicides et blessures involontaires par violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence  », du lundi 9 au mardi 13 septembre 2019, à Rouen.

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Trois ans après les faits et à un mois du procès, 76actu fait le point avec Me Dominique Lemiegre, l’avocat de trois familles de victimes.

76actu : À un mois du procès, comment se sentent les familles des victimes ?
Me Dominique Lemiegre : Ils sont dans la détresse. Certains attendent le procès comme un exutoire, pour pouvoir faire leur deuil. Pour d’autres, le deuil est toujours impossible, ce qui développe des pathologies psychiques mais aussi physiques.

Le père d’une des victimes a développé des nodules aux poumons, alors que sa fille unique est décédée, suite aux inhalations de fumées. Lui qui n’avait pourtant jamais fumé… Les familles des victimes sont aussi en colère face à une législation qui ne change pas.

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« Les familles sont ligotées par un texte a minima »

Quelle législation voudraient-elles faire évoluer ?
Dans cette affaire, deux frères, les gérants du bar, seront jugés pour « homicides et blessures involontaires par violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ». Un délit passible, selon la loi, de cinq ans de prison ferme et de 75 000 euros d’amende. Ce que les familles n’acceptent pas.

Les familles sont ligotées par un texte a minima. Au regard de l’intensité du drame, de l’importance des manquements relatifs à la sécurité, en février 2017, avec le père d’une des victimes, nous avions écrit un courrier aux parlementaires pour qu’une proposition de loi soit déposée afin de faire évoluer les sanctions encourues par les responsables de tels drames. Et pour que les magistrats aient plus de marges de manœuvre. Mais nous n’avons eu que des réponses laconiques et aucun projet de loi n’a été déposé.

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La sécurisation des bars a-t-elle évoluée depuis ce drame ?
C’est aussi l’une de nos batailles. Nous militons pour que les contrôles des établissements soient réalisés à priori et non à posteriori. À la suite au drame, la mairie de Rouen avait effectué des contrôles. Six établissements avaient fermé leurs portes. Les contrôles peuvent être faits à priori, mais il n’y a aucune obligation légale. Et c’est ce que nous demandons.

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