Une opération de de chasse aux filets et casiers de pêche abandonnés en mer a été menée en Seine-Maritime. (©DR)
C’est une opération exceptionnelle et inédite en France qui a été menée pendant trois jours au large de la Seine-Maritime. Du mardi 23 au vendredi 25 juillet 2019, un vaste nettoyage des côtés a été effectué. L’objectif ? Faire la chasse aux filets et casiers de pêche abandonnés en mer.
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Des centaines de casiers et de filets remontés à la surface
Pour mener à bien cette opération, les grands moyens ont été déployés : trois bateaux, dont un équipé d’un système de grue, et de nombreux agents ont été mobilisés. « Les contrôles menés jusqu’alors ne permettaient de remonter que deux ou trois casiers à la fois », précise Caroline Pisarz, administratrice principale des affaires maritimes, qui chapeaute l’opération.
Face à « une manœuvre qui peut être parfois un peu périlleuse », et limités en termes de volume de stockage, la gendarmerie, la DDTM et les différents acteurs portuaires ont donc réuni leurs forces et moyens pour une vaste chasse aux déchets, une première du genre en France.
L’occasion de remonter des filets de plusieurs centaines de mètres, et jusqu’à une cinquantaine de casiers en une seule journée.
Pollution maritime – Depuis hier les Affaires Maritimes en coopération avec la Gendarmerie Maritime et la Brigade Fluviale retirent des côtes Normande casiers et filets non identifiés pic.twitter.com/oM9gkUFQ2T
— Gendarmerie de la Seine-Maritime (@gendarmerie_076) July 24, 2019
Un danger pour l’environnement et la navigation
Si le dispositif est important, c’est que la pollution et le danger que représentent ces abandons en mer le sont également.
Ces déchets sont doublement nocifs pour l’environnement. En plus de la pollution que représente l’objet en lui-même, il perturbe l’écosystème marin. Les animaux continuent de s’y coincer, ce qui attire autour d’autres espèces qui cherchent à les manger.
Souvent mal signalés, ces filets et casiers représentent également un danger à la navigation. « Il ne reste souvent que des petits flotteurs à moitié coulés, donc peu visibles et difficiles à repérer de loin », détaille Caroline Pisarz.
Prison et milliers d’euros d’amende encourus
Une mauvaise pratique dangereuse, aussi bien commise par des pêcheurs de loisir que des professionnels, qui peut pourtant coûter cher. « Le code environnemental prévoit des amendes allant de 2 000 à 75 000€, amendes qui peuvent être assorties de deux ans de prison, et cinq ans d’interdiction de pratique pour les professionnels », rappelle Caroline Pisarz.
Au delà du nettoyage, cette vaste opération a également pour but de « sensibiliser les gens en leur montrant que ces gestes peuvent avoir des conséquences. Ils sont à la fois nuisibles pour l’environnement et peuvent devenir un danger. »