BILLET de Florestan
Algérie-Sénégal 1/0… « Match nul » (pour reprendre un mot de Coluche) du côté des « supporters » (on est obligé de mettre des guillemets) « algériens » (les guillemets sont, de plus en plus, nécessaires) des « Fennecs » (les guillemets sont de rigueur) l’équipe nationale de football d’Algérie… Match à ce point nul qu’on doit relever, ce jour, une seconde victime après un premier décès accidentel, celui d’une mère de famille à Montpellier dans la « liesse » (à nouveau des guillemets) faisant suite à la qualification desdits « Fennecs » en demi-finale de la Coupe Africaine des Nations (CAN) contre le Nigéria.
C’était déjà inadmissible tout comme certaines provocations consistant à remplacer un drapeau français par un drapeau algérien histoire de rappeler une histoire qui ne doit toujours pas passer… 57 ans après 1962 ou 74 ans après 1945.
A partir de là, le recours aux guillemets devient indispensable puisqu’il s’agit d’évoquer la « liesse » de « supporters » essentiellement « franco-algériens » de la seconde ou de la troisième génération et dont les agissements nous font honte, à commencer par les « vrais » Algériens d’Algérie (voir ci-après) qui manifestent depuis des semaines avec une rigueur et une discipline collective exceptionnelles contre un pouvoir autoritaire corrompu et malfaisant: l’Histoire se poursuit en Algérie alors qu’elle s’est bloquée ce côté-ci de la Méditerrannée dans une sorte de ressentiment victimaire qui justifie une désinvolture opportuniste vengeresse contre cette France ancienne puissance colonisatrice qui ne suscite aucun respect en ne tendant à cette jeunesse « franco-algérienne » qui vit ici et pas là-bas, que le triste miroir d’une mauvaise conscience politiquement intéressée ou d’une hypocrite amnésie…
Voilà pour le contexte qui ne saurait justifier ce qui s’est à nouveau passé: un match (la finale) donc un mort… à nouveau. Un mort de trop!
Et cette nouvelle victime de la bêtise et d’un racisme de ressentiment est une victime normande, un honorable enseignant-chercheur de l’université de Rouen Mont-Saint-Aignan, pris à partie et insulté par un groupe de supporters « algériens » croisé dans la rue à Canteleu, puis bousculé avant de mourir à l’hôpital après que sa tête eut accidentellement heurté la pierre du trottoir. Le seul tort de ce professeur d’origine guinéenne: être noir, noir comme un… sénégalais!
La veille, A Evreux, des « supporters » « franco-algériens » mirent à terre une statue publique de ce général français qui avait donné l’indépendance à l’Algérie au risque de perdre sa vie face au ressentiment déchaîné des « Français » d’Algérie: Guy Lefrand, le maire, va porter plainte contre cette jeunesse qui a décroché de « l’école de la République » (on ajoutera un « sic! » aux guillemets).
Une jeunesse qui ne sait plus où elle habite!
C’est pourquoi, nous poussons une vive et bien triste « CLAMEUR de HARO » contre la bêtise et le racisme, en l’occurrence, le racisme anti-noir de certains qui croient pouvoir se dire « arabe », « musulman » ou « algérien » en oubliant Abdel-Kader, Albert Camus, Messali Hadj, Ahmed Ben Bella, Charles de Gaulle… Mais aussi la Normandie et ses valeurs, à commencer par la Normandie chantée par Léopold Sédar Senghor…
LES FAITS:
https://actu.fr/normandie/evreux_27229/a-evreux-statue-general-gaulle-dessoudee_26024945.html
Mémoire de Mahmoud BARRY, enseignant chercheur d’origine guinéenne, docteur en droit de l’université de Rouen Mont-Saint-Aignan.

