TÉMOIGNAGE. Elle sauve une fillette de la noyade à Jumièges : « Sans réfléchir, j’ai sauté »

TÉMOIGNAGE. Elle sauve une fillette de la noyade à Jumièges : « Sans réfléchir, j’ai sauté »

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Une fillette de 8 ans a échappé de peu à la noyade, dimanche 7 juillet 2019, à la base nautique de Jumièges (Seine-Maritime), celle qui lui a sauvé la vie témoigne. (©Illustration Adobe Stock)

Une vie s’est jouée de peu, dimanche 7 juillet 2019, dans les eaux de la base nautique de Jumièges (Seine-Maritime). Une petite fille de 8 ans a failli mourir des suites d’une noyade en plein milieu d’un après-midi dominical. Repêchée in extremis par une jeune maman originaire de la région, la fillette est désormais « sortie d’affaire », confirme une source judiciaire.  

Il est aux alentours de 16h quand Mélodye, une jeune maman rouennaise de 22 ans et sa famille profitent du week-end à la base nautique. Un endroit qu’elle connaît bien. Son père étant originaire de la commune, elle ne compte plus les dimanches passés sur les plages de la base jumiégeoise. Un cadre, depuis de longues années, idyllique. 

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« Par pitié, venez nous aider à la retrouver »

Mélodye se trouvait proche d’un groupe lorsque des cris d’enfants se muent alors en signal d’alerte. « Par pitié, venez nous aider à la retrouver », lancent plusieurs petites filles qui crient un nom. Le nom de leur amie perdu de vue. La panique s’installe. Pour Mélodye, une certitude : le temps presse. Quelque chose ne tourne pas rond. Oui, quelqu’un est sous l’eau. 

Sans réfléchir, par instinct, Mélodye se jette dans le lac. Sa robe toujours sur le dos. 

J’ai demandé l’aide d’un autre groupe, environ cinq hommes, pour inspecter la zone. On ne trouvait pas… C’est en revenant vers le bord que quelque chose a touché ma jambe. Sans penser, je l’ai attrapé. Je l’ai tiré hors de l’eau. Ce n’était pas une pierre ou du bois. C’était le pied de la fillette. 

Dans les bras de Mélodye, une petite fille qui ne respire plus. Un visage pâle. Beaucoup trop pâle. Des yeux révulsés. « Je ne souhaite à personne d’avoir un jour cette vision, ça va rester graver très longtemps dans ma tête. J’ai tenu une petite fille morte dans les bras. C’est horrible… » La jeune femme se rue hors de l’eau en direction des secouristes qui viennent à sa rencontre. 

Un sauveteur l’a emporté et ils se sont occupés d’elle. Je me suis éloignée un peu de la scène et me suis effondrée. 

Plus loin, la sœur de Mélodye s’occupe des petites amies de la victime, complètement paniquées. Difficile pour les différents protagonistes d’ordonner une temporalité précise à ces événements. « Entre quelques dizaines de secondes ou plusieurs minutes. La seule certitude de rapidité est celle de la chaîne de secours déployée à la suite du drame. 

Inanimée, héliportée, sauvée

Il est aux alentours de 16h. Déjà, pratiquer les gestes de première urgence car la fillette ne respire plus. Une réanimation cardio pulmonaire (RCP) est pratiquée. Un massage cardiaque.

Mme Taraud, nouvelle directrice du site de la base de loisirs de Jumièges, apporte des précisions sur les moyens déployés : 

Nous dispositions, sur ce cas, d’un défibrillateur à disposition. Les patchs ont été installés sur la victime mais aucun choc n’a été délivré*. La respiration de la petite fille est revenue à la suite des manipulations des sauveteurs. 

*Un défibrillateur est un appareil permettant de faire « repartir » le cœur d’une victime en arrêt cardiaque. Le système, composé de deux patchs à disposer sur le corps de victime, calcule et analyse automatiquement les « données » renvoyées par le cœur. C’est lui et lui seul qui décide si oui, ou non, un choc électrique externe est nécessaire. Il peut s’agir d’un engin semi-automatique, qui doit donc être déclenché par un sauveteur, ou un engin entièrement automatisé. Avec ce dernier, il suffit de disposer les patchs et d’écouter les consignes vocales délivrées par l’appareil. 

Aux alentours de 16h10, les gendarmes sont eux arrivés sur le site, quasiment en même temps que l’hélicoptère Viking 76 du Samu. Le temps de « conditionner » la fillette pour son transport, elle est ensuite évacuée par les airs en direction du centre hospitalier universitaire de Rouen dans un état jugé, à l’époque, grave par les médecins. Il est 17h30, le 7 juillet 2019.

« Sa maman nous a serrés dans ses bras »

Durant plusieurs jours, c’est le black-out. Aucune information ne filtre sur l’état de santé de la petite victime. Ne tenant plus, Mélodye et sa sœur qui n’obtiennent aucune information sur comment va la petite fille se rendent au CHU de Rouen. Elles cherchent dans les étages. Déterminées. Et finissent par tomber sur un membre de la famille qui offre une phrase salvatrice : « Elle est sortie de réanimation et ses jours ne sont plus en danger. »

En repartant, la maman, plus qu’émue, nous a rejoints et nous a serrés dans ses bras en nous remerciant. Depuis cette nouvelle, je me sens mieux. J’ai un poids en moins. Ça fait un bien fou.  

Mélodye, 22 ans, jeune maman, a sauvé une vie.

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