Dans une vidéo, Surfrider appelle à « des mesures d’urgence » pour la décharge de Dollemard, au Havre

Dans une vidéo, Surfrider appelle à « des mesures d’urgence » pour la décharge de Dollemard, au Havre

Situé en bord de falaise au Havre, l'ancienne décharge de Dollemard rejette régulièrement des déchets à la mer.

Située en bord de falaise au Havre, l’ancienne décharge de Dollemard rejette régulièrement des déchets à la mer. (©Surfrider)

Le dossier n’a pas fini de faire parler de lui. Dans une vidéo partagée sur les réseaux, la fondation Surfrider (ONG œuvrant à la protection des océans) alerte sur la situation de la décharge de Dollemard, l’une des plus grandes décharge côtière sauvage d’Europe. Elle dénonce notamment « l’inaction à court terme » de la mairie du Havre (Seine-Maritime).

Des déchets à la dérive

Pour Surfrider, l’objectif de cette campagne de communication est clair : « élever l’opinion publique sur l’urgence d’agir, appelant à des mesures concrètes actées dans les plus courts délais. »

Fermée à la fin des années 1990, la décharge sauvage de Dollemard, exploitée en haut des falaises pendant une trentaine d’années, a laissé derrière elle, d’après les études menées par la ville du Havre, 300 à 400 000 mde déchets, provenant essentiellement du bâtiment.

Véritable serpent de mer, la dépollution du site, gigantesque chantier qui n’aurait en Europe aucun équivalent, revient régulièrement dans l’actualité au gré des tempêtes et grandes marées qui entraînent les plastiques de la décharge vers la mer et la plage voisine. En avril 2019, les services de la ville du Havre présentaient différents scénarios possibles pour éradiquer le problème ; l’un proposant l’évacuation des déchets et qui a la faveur de l’ONG, l’autre leur endiguement.

Lire aussi : Décharge de Dollemard, au Havre : trois pistes pour la réhabilitation, « un chantier hors norme »

Pas assez rapide pour Surfrider, qui déplore que « la réalisation de ces deux propositions se trouve tributaire des prochaines élections municipales de 2020. » L’option retenue par la municipalité ne devrait en effet pas être connue d’ici 2020, après quoi restera encore à régler la question du financement de ces travaux, qui pourraient coûter entre 3 à 14 millions d’euros hors taxes.

Les mesures d’urgence ont complètement disparu de l’agenda de la mairie, s’indigne Arnaud Freret, militant local de la fondation. Ils nous ont dit au revoir pour trois ans. Ils se sont engagés pour les travaux sur la falaise, mais en attendant, c’est bien sur la plage que l’on retrouve des plastiques à chaque marée.

Les travaux en sursis

Pour lui, la ville pourrait pourtant agir. « Par exemple, les travaux prévoient un terrassement par l’estran pour accéder à la falaise, ce qui doit se faire dans la zone la plus polluée. Si on le faisait dès maintenant, cela permettrait déjà d’enlever une bonne couche de ce qui pollue la plage et la mer, et d’être tranquille pendant peut-être deux ans », imagine Arnaud Freret.

En attendant, Surfrider continue d’organiser régulièrement des opérations de nettoyage de la plage. « Depuis la tempête de 2018, il y a eu un véritable élan citoyen », se félicite-t-il. « Mais ce n’est pas aux bénévoles de faire le travail quand la municipalité se décharge de sa responsabilité ! »

Un chantier complexe
Située à 2,5 kilomètres de la route, et seulement accessible à pied, l’ancienne décharge présente un environnement compliquant particulièrement la réalisation de travaux. Une intervention pourrait supposer l’utilisation de grues de 100 à 150 mètres depuis le plateau et la construction d’un mini-port sur les rochers pour permettre l’accostage de barges.

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