Près de Rouen, les Fresques darnétalaises continuent de faire revivre l’Histoire

Près de Rouen, les Fresques darnétalaises continuent de faire revivre l’Histoire

De l’église Longpaon à celle de Carville, Jean-Marie Dehut et François Généreux ont guidé les comédiens amateurs sur une histoire particulière de la Ville, qu’ils font revivre dans cette 15e édition des Fresques Darnétalaises, près de Rouen (Seine-Maritime).

De l’église Longpaon à celle de Carville, Jean-Marie Dehut et François Généreux ont guidé les comédiens amateurs sur une histoire particulière de la Ville, qu’ils font revivre dans cette 15e édition des Fresques Darnétalaises, près de Rouen (Seine-Maritime). (©DR)

Les Fresques darnétalaises auront lieu du 8 au 13 juillet, à Darnétal, près de Rouen (Seine-Maritime). Une aventure qui dure depuis 15 ans maintenant, sous la houlette de l’adjoint au maire Jean-Marie Dehut et de son binôme animateur/metteur en scène François Généreux.

Quinze ans que ça dure !

Quinze ans… c’est l’âge des Fresques darnétalaises. Quinze ans que chaque été, une cinquantaine de Darnétalais endossent le costume de personnages qui font revivre le passé de leur ville, son Histoire, sa richesse… quinze ans que ces habitants se réalisent dans un exercice pour lequel ils n’ont suivi aucune formation ! Quinze ans qu’ils se lancent, qu’ils osent et qu’ils gagnent (ou retrouvent) confiance en eux et fierté du travail accompli… derrière toutes ces histoires humaines, deux hommes qui se complètent et dont les rôles se nourrissent l’un l’autre, d’année en année…

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Jean-Marie Dehut, le découvreur d’histoires enfouies dans des archives méconnues, le roi des trouvailles historiques au gré des rencontres, un passionné curieux de tout et définitivement attaché à faire revivre le riche passé de Darnétal…

Avec lui, François Généreux, son binôme, l’artiste, l’alchimiste qui fait naître d’un vieux texte, d’un document ou d’une anecdote, le scenario qui captivera le public, tout autant qu’il permettra à la troupe de bénévoles des fresques d’exprimer par le geste et le texte toute l’étendue de leur talent.

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Cette année, ce sont donc les deux paroisses de la Ville qui seront au cœur du spectacle. « C’est un angle d’attaque auquel on n’avait pas pensé, jusqu’à ce qu’on mette la main sur ce document de 1896, Les deux Paroisses », fait valoir Jean-Marie Dehut. Un trésor en somme, qui a fait naître l’idée de ce nouveau scénario, où les comédiens feront revivre les chicanes qui ont alimenté la vie des deux quartiers.

Les antagonismes religieux, la crédulité populaire, la question des juifs qui ont été persécutés, même si on n’en trouve pas trace à Darnétal, mais cela a existé… sont autant de thèmes qui vont montrer l’histoire de la Ville, détaille Jean-Marie Dehut.

« Chacun peut se réaliser dans un personnage »

Une histoire donc, qu’il faut scénariser, rendre lisible à la fois pour les comédiens, tous bénévoles, et pour le public. C’est là qu’intervient donc François Généreux, qui capte tout de suite chez les uns et les autres, qui pourra jouer tel ou tel rôle, en fonction de sa personnalité, de ses traits de caractère… « Chacun peut se réaliser dans un personnage, c’est un beau challenge pour les acteurs », confie le metteur en scène, qui souligne qu’il y a au départ de chaque fresque, depuis 15 ans, un projet, puis ensuite un travail de création et d’ajustements permanents du texte, des situations et des personnages.

Au départ, on peut avoir la sensation que c’est un vrai fouillis, puis ça monte en puissance, avec les répétitions sur site et petit à petit, le puzzle se met en place. Et c’est fabuleux, s’enthousiasme François Généreux.

Et la performance des acteurs, tous bénévoles et sans formation initiale, mérite effectivement d’être saluée : la bienveillance qui les entoure, les incite à monter sur scène, à se découvrir, à se montrer et finalement à « retrouver une fierté d’exister ». Certains reviennent chaque année depuis le début de l’aventure : « C’est vraiment une troupe, ça me plaît », constate d’ailleurs le metteur en scène.

De tous âges et de tous horizons

Un noyau de fidèles auquel s’ajoutent chaque année quelques nouveaux, ils seront sept cette année, pour raconter de nouvelles histoires qui s’inscrivent dans la grande Histoire. De tous âges, de tous horizons, de toutes conditions sociales : les acteurs des fresques ont gommé entre eux toutes les différences sociales pour ne former qu’une troupe heureuse de jouer et de partager son plaisir avec le public.

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Un public friand et fidèle

Un public d’ailleurs friand, qui vient en nombre aux représentations, fidèle depuis toutes ces années et toujours curieux de découvrir un nouvel épisode de l’histoire qui a façonné la ville. Une vraie récompense pour tous ceux qui s’investissent dès le mois de février pour imaginer et créer de nouvelles aventures. Et d’ailleurs, Jean-Marie Dehut glisse qu’il a déjà des idées pour la prochaine édition, que François Généreux se chargera de mettre en paroles… et en musique… Mais il est encore trop tôt pour révéler vers quelle histoire le duo emmènera les Fresques 2020. En attendant, rendez-vous dès la semaine prochaine et jusqu’au 13 juillet, au cœur des querelles de Longpaon et Carville…

Les deux paroisses : l’histoire…
« Les deux paroisses ?, Querelle de villages ?, Heurts et malheurs d’un gros bourg drapier ?… Quel titre devions-nous donner au spectacle des Fresques de cette édition 2019 ? Nous avons choisi de garder le titre de l’ouvrage à l’origine de l’histoire présentée cette année », présente ainsi Jean-Marie Dehut, pour donner le fil conducteur de cette 15e édition de la plongée dans l’histoire de la Ville.
Cette année, la période évoquée s’étirera de 918 à 1621, date à laquelle l’identité de la commune était clairement identifiée et reconnue. Et ce, même si les querelles et chicanes entre les habitants des deux quartiers ont continué.
Rumeur, crédulité, antisémitisme, mouvements de foule… seront autant d’épisodes qui vont façonner cette nouvelle aventure des Fresques darnétalaises, qui, vous l’aurez compris, mettent en lumière les deux édifices du Patrimoine de la Ville que sont l’église Saint-Ouen de Longpaon et l’église Saint-Pierre de Carville.
Le nom de Darnétal est apparu en 1191, date qui coïncide également avec l’unification des deux sites… qui n’allait pas de soi, puisque les deux établissements religieux vont continuer chacun de revendiquer le titre de paroisse de Darnétal et sa suprématie sur l’autre quartier. Rappelons qu’une paroisse c’est une église, mais c’est aussi un cimetière, un presbytère et un prêtre.
Quoi qu’il en soit, c’est en juillet 1621 que le Parlement de Rouen va trancher en donnant le titre de paroisse à l’église et aux habitants du quartier de Longpaon… et en condamnant ceux de Carville à une amende… Un jugement qui ne va toutefois pas mettre de suite un terme aux chicaneries entre les deux clans, qui vont durer encore une bonne trentaine d’années. C’est ce thème des escarmouches et rivalités entre les habitants des deux quartiers qui sera ainsi au centre de l’histoire racontée par la troupe des Fresques darnétalaises pour cette édition 2019…

Infos pratiques
Lundi 8 juillet, à 22h, partie 1, Église Longpaon.
Mardi 9 juillet, 22h, partie 2, Église Carville.
Vendredi 12 et samedi 13 juillet, 21h30, partie 1 et partie 2, au Jardin des Couleurs (derrière la mairie).
Les Fresques seront également interprétées le dimanche 22 septembre en soirée, au théâtre de l’Écho du Robec, et samedi 30 novembre à 19h30 à l’Espace culturel Savale, dans le cadre du Téléthon.
Plus d’infos sur le site de la Ville : www.mairie-darnetal.fr

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