Après l’occupation de magasins, les salariés menacent de poursuivre New Look en justice

Après l’occupation de magasins, les salariés menacent de poursuivre New Look en justice

À Rouen (Seine-Maritime), les salariés de New Look occupent leur boutique des Docks 76 depuis vendredi 21 juin 2019. Deux autres magasins sont également occupés : Paris Saint-Antoine et Calais.

À Rouen (Seine-Maritime), les salariés de New Look occupent leur boutique des Docks 76 depuis vendredi 21 juin 2019. Deux autres magasins sont également occupés : Paris Saint-Antoine et Calais. (©RT/76actu)

Alors que la liquidation de New Look France a été prononcée par le tribunal de commerce, mercredi 26 juin 2019, et que les 29 enseignes sont officiellement fermées, trois magasins continuent d’être occupés jour et nuit par leurs salariés. Lundi 1er juillet, les employés des boutiques de Calais (Pas-de-Calais), Paris Saint-Antoine (12e arrondissement) et Rouen (Seine-Maritime), entamaient leur douzième journée d’action. Une issue positive est espérée vendredi.

Lire aussi : Les deux magasins New Look de Rouen vont fermer : « C’est violent et révoltant ! »

À Rouen, sept anciens employés de la boutique du centre commercial des Docks 76 continuent de se relayer pour assurer une présence et « une pression » sur le groupe britannique. Un temps, Alexis Prade, ancien responsable du magasin des Docks 76, avait envisagé une grève de la faim, « mais je n’ai pas envie qu’on devienne des animaux de foire ». Une autre stratégie se dessine dorénavant : une action collective devant les tribunaux. « Il y aura une attaque groupée, une grosse partie des 450 salariés est prête à y aller », indique Alexis Prade.

Des procédures aux prud’hommes et au pénal

Une poursuite devant les prud’hommes est envisagée. « Les 137 cadres du groupe pratiquaient un forfait cadre [impliquant des heures supplémentaires, ndlr] sans qu’aucun accord d’entreprise n’ait été signé. Le préjudice s’élèverait jusqu’à un million d’euros », précise Moussa Koita, représentant du personnel (Sud commerces).

Les salariés pensent aussi à une procédure pour demander des dommages et intérêts, « après les neuf mois qu’on vient de vivre », insiste Alexis Prade, faisant référence au « calendrier des licenciements » annoncé par New Look en septembre 2018.

Une autre plainte est prête à partir, mais au pénal cette fois. « Le magasin du Forum des halles à Paris est bourré d’amiante. Depuis l’ouverture du magasin en 2008, les collègues sont exposés », assure le syndicaliste.

Ce « coup de pression » est assumé par Moussa Koita :

Si les Anglais pensent qu’avec la liquidation ils sont sortis d’affaire, ils se trompent.

Un comité d’entreprise extraordinaire, vendredi

Alexis Prade et ses collègues espèrent maintenant que les dirigeants accepteront de « mettre davantage d’argent » au Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Leur lutte pourrait permettre aux quelque 450 salariés d’obtenir « un plan social digne de ce nom », croit savoir Moussa Koita : le jour de l’annonce de la liquidation, mercredi, les dirigeants de New Look se seraient dit « prêts à abonder au PSE, à la condition qu’il n’y ait pas de poursuites judiciaires ».

Une ultime rencontre pourrait marquer la fin du conflit : le comité d’entreprise extraordinaire prévu vendredi 5 juillet, dans les locaux du liquidateur judiciaire. « On espère obtenir ce qu’on demande », souhaite Moussa Koita. D’ici là, les salariés de Rouen, Calais et Paris Saint-Antoine continueront de dormir dans leurs anciens bureaux.

Au 1er étage du magasin des Docks 76 à Rouen, les salariés ont investis les bureaux et pièces de stockage, depuis le 21 juin 2019.

Au premier étage du magasin des Docks 76 à Rouen, les salariés ont investi les bureaux et pièces de stockage, depuis le 21 juin 2019. (©RT/76actu)

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