La possibilité d’un ticket de transport valable toute la journée lors de pics de pollution ne sera finalement pas discutée lors du conseil de la Métropole de Rouen, jeudi 27 juin 2019. (©RT/76actu)
La gauche, écologistes et communistes, se réjouissaient déjà de l’initiative. Les élus de la Métropole Rouen Normandie pensaient pouvoir voter la gratuité partielle des transports en commun sur Rouen et Elbeuf (Seine-Maritime) en cas de pics de pollution. C’était en fait une « erreur » de l’institution. Déception et colère du côté des élus qui défendent cette mesure depuis 2014.
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« On était en pleine Armada, il y a eu un manque de vigilance »
En amont du conseil métropolitain, les élus ont reçu les délibérations qui seront discutées et votées jeudi 27 juin 2019. L’une d’entre elles évoquait la possibilité pour les voyageurs de s’acquitter d’un seul titre de transport sur une journée, durant les pics de pollution atmosphérique. Les Verts et les élus communistes avaient salué le geste. Un premier pas allait être franchi, même si les écologistes estimaient que « cela demeure très insuffisant au regard du fléau que représentent la pollution atmosphérique et ses conséquences sanitaires ».
Coup de théâtre, lors d’une conférence de presse, mardi 25 juin, le président Frédéric Sanchez a reconnu qu’il s’agissait d’une « erreur ». La délibération ne sera pas présentée. « On était en pleine Armada, il y a eu un manque de vigilance. C’était à l’état de réflexion et ça s’est retrouvé par erreur dans la délibération », indique le président de la Métropole.
Incompréhensible ! Le Président de la @MetropoleRouenN retire la délibération sur la gratuité partielle lors des pics de pollution. Nous demandons le maintien de la délibération et un vote du conseil. Que chacun prenne ses responsabilités face à l’urgence climatique #Rouen
— ElusCommunistesRouen (@eluspcfrouen) June 25, 2019
Le président métropolitain n’a jamais été favorable à la gratuité des transports. Il avait rappelé sa position, lors du dernier conseil métropolitain en février :
Il s’agit d’une mesure coûteuse qui n’a pas d’effets immédiats.
Interpellé par des élus pour activer la gratuité des transports en commun lors des pics de #pollution #Rouen, @_F_Sanchez a rappelé sa position : « Il s’agit d’une mesure coûteuse, privant la @MetropoleRouenN de moyens, qui n’a pas d’effets immédiats et je le regrette. » pic.twitter.com/LgZD8LUZMy
— Raphaël Tual (@raphtual) 28 février 2019
Lors d’un long entretien accordé à 76actu, Frédéric Sanchez rappelait que cette gratuité était pour lui « une très mauvaise idée », d’abord pour des raisons budgétaires, mais aussi parce qu’elle ne permettait pas de lutter efficacement contre la pollution de l’air :
Partout où la gratuité est mise en oeuvre, il y a un report de la marche et du vélo vers le transport en commun. […] Le développement d’une politique de transport en commun, c’est pour essayer d’attirer des automobilistes. Mais le piéton qui, par effet d’aubaine, monte dans un bus qui passe parce qu’il est gratuit au lieu de faire ses 500 mètres à pied, il va venir saturer.
Cependant, le président a bien conscience que « notre Métropole ne peut pas être une des rares en France à ne pas avoir des mesures en cas de pics de pollution ». En effet, à Marseille par exemple, en cas de pic de pollution l’abonnement de courte durée des vélos en libre-service est gratuit et le ticket d’un voyage est valable toute la journée. À Grenoble aussi, lorsque la qualité de l’air est fortement dégradée, le ticket tram/bus est valable sur l’ensemble de la journée.
Concernant ce sujet qui n’est « pas simple », Frédéric Sanchez appelle à « un débat politique à l’automne ».
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