À Rouen, lundi 17 juin 2019, Édouard Philippe a lancé la plateforme Team France Export, qui doit faciliter les échanges commerciaux à l’international pour les entreprises de chaque région.
La crème des élus normands était présente, lundi 17 juin 2019, à l’hôtel de la Région Normandie à Rouen (Seine-Maritime), pour accueillir le Premier ministre, Édouard Philippe. Il est venu officialiser le lancement de Team France Export, une plateforme numérique nationale qui doit offrir « un guichet unique » facilitant la vie de toutes les entreprises qui exportent ou souhaitent le faire. Un outil qui va devoir faire ses preuves.
Une balance commerciale en berne malgré « des signaux faibles »
Entre deux allusions à Madame Bovary, Édouard Philippe a rappelé, dans l’hémicycle où il a un temps été conseiller régional, que la France et l’export, ça a souvent fait deux. « Nous avions un gros déficit de notre balance commerciale », a-t-il exprimé « sans esprit morbide ». Si la France a eu « une meilleure balance » en 2018, l’écart entre importations et exportations s’est à nouveau creusé au premier trimestre de 2019, à 13,7 milliards d’euros contre 12,4 au dernier trimestre de 2018, rapportait La Tribune début mai.
• VIDÉO. Le Premier ministre a débuté son discours par des allusions à Rouen, sa ville natale :
Édouard Philippe à #Rouen : le premier ministre commence son discours en rappelant sa naissance ici et en filant la métaphore avec Madame Bovary. « Le commerce extérieur, c’est toujours une aventure. Pas celle de Madame Bovary, mais une prise de risques. » pic.twitter.com/Fe8ZNf68wZ
— simon louvet (@LouvetSimon) 17 juin 2019
Pour y remédier, le Premier ministre a officialisé le lancement de Team France Export, outil qui doit offrir aux entreprises déjà exportatrices et à celles qui veulent le devenir « un guichet unique » pour leur faciliter la vie. La plateforme gérée par Business France, la Banque publique d’investissement et les Chambres de commerce et d’industrie doit permettre l’accompagnement vers des marchés porteurs, le financement des projets internationaux, la distribution du produit ou la gestion juridique des échanges. « C’est une petite révolution de l’export à laquelle les Régions ont pleinement participé », a souligné le chef du gouvernement.
• VIDÉO. Édouard Philippe a « swipé » sur une tablette pour lancer le dispositif Team France Export :
Édouard Philippe à #Rouen : le premier ministre a « swipé » sur une tablette pour le lancement officiel de Team France Export, avec un film promotionnel applaudi. pic.twitter.com/5Qcq7ve55O
— simon louvet (@LouvetSimon) 17 juin 2019
La Normandie, région pionnière du dispositif
Avant d’être une « révolution », cet outil est avant tout une nouvelle étape dans la décentralisation des compétences. « La bataille de l’export se joue avec les territoires et les régions, une unité stratégique », a tenu à appuyer Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères. Un propos évidemment salué par Hervé Morin, président de la région qui venait d’appuyer « sa conviction » qu’une meilleure décentralisation était la clef, enjoignant Édouard Philippe à adopter la même logique pour développer l’apprentissage.
Lire aussi : Au business club de l’Armada de Rouen, de l’économie… et un peu de politique ?
Si le raout de ce lundi matin, en présence de chefs d’entreprises, était organisé à Rouen, ce n’était pas par hasard. La Normandie a été pionnière du dispositif présenté, qu’elle a enclenché en janvier 2018, un mois avant l’annonce d’Édouard Philippe prévoyant la réflexion autour de Team France Export. En un an et demi, X-Port, sa version normande, a accompagné « 200 entreprises, dont un tiers n’exportaient pas », a indiqué Hervé Morin devant le parterre de chefs d’entreprises réunis avec les politiques nationaux et locaux.
Des doutes sur la réalité de la simplification
Si tous ont applaudi les officiels, certains ont émis des doutes. Comment ce dispositif va-t-il supplanter le prototype régional ? Pour un patron, il y aura « trop d’infos » sur la plateforme qui doit lui « simplifier » les démarches. Un autre craint « un joli bordel (sic) » pour ceux qui ne sont pas rompus aux codes de l’export.
À l’Agence de développement normande, où 13 conseillers accompagnent les entrepreneurs, on espère que « ça ne remettra pas de la complexité ». Édouard Philippe n’avait lui aucun doute, bien sûr : « Avec Team France Export, nous nous transporterons plus vite et plus loin que Madame Bovary dans sa diligence. »