Carnet de bord de l’Armada de Rouen. Huitième jour : bienvenue dans la fourmilière !

Carnet de bord de l’Armada de Rouen. Huitième jour : bienvenue dans la fourmilière !

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Faire l’armada de Rouen (Seine-Maritime), c’est aussi oser se lancer dans la foule et affronter un flot de visiteurs pas toujours compréhensifs. (©Jérémy Bonnet / 76actu)

Disons-le d’emblée pour clarifier le ton donné. Le rédacteur de cet article n’est pas friand des foules compactes et a une légère propension à l’agoraphobie. Et c’est la première fois qu’il se rendait à l’Armada de Rouen. C’est dit ! Ce 13 juin 2019 pourtant, perché sur le pont Guillaume-le-Conquérant à Rouen (Seine-Maritime), c’est le début de l’aventure. Vus d’ici, les quais ressemblent à des couloirs mouvants.

Comme chez les fourmis, le flux de la foule semble être orchestré par une pensée collective. Une armada de fourmis. L’entité avance, doucement. En zoomant un peu avec l’appareil photo, on s’aperçoit quand même que ça joue sévèrement du coude pour avancer.

L’envie d’apercevoir les vieux gréements s’intensifiant, il est pourtant temps de rejoindre la fourmilière.

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Affronter la foule

Une fois la matrice intégrée, l’impression se confirme. Pas simple de circuler dans un labyrinthe de parapluies, pas marrant d’esquiver nombre de têtes baissées. D’autant que l’heure du déjeuner a sonné. L’entité a faim. En découle une phrase chopée à la volée, offerte à la foule par une dame passablement agacée : 

Allez-y, poussez-moi dans l’eau. Poussez-moi pour avoir votre saucisse-frites plus rapidement ! 

Mais au fil des quais, pourtant, c’est la surprise. Pris dans un flot continu, on se laisse absorber par la beauté de l’événement. Tête en l’air, à l’affût des plus hauts cordages des plus grands mâts, on devient celui qui ne regarde pas en face. Et quant à devenir celui qui pourrait pousser pour une saucisse, il n’y aurait qu’un pas qu’on ose toutefois pas franchir. 

L’envie de visiter de l’intérieur les vieux gréements se fait de plus en plus pressante. Mais avant de faire un bond dans le passé, il faut fait preuve d’un peu de patience et prendre sa place dans la file d’attente. En quelques (parfois dizaines) de minutes, c’est la libération. Enfin l’embarquement, plutôt. Et grimper sur le pont supérieur d’un navire ayant parfois (souvent) le triple de son âge fait toujours un petit quelque chose. 

Sur le pont, les fourmis continuent d’avancer. Chacune, à tour de rôle, prend une photo qu’elle pense unique. Mais « on s’en fiche, c’est trop bien d’avoir un souvenir », lâche un photographe qui ne donnera ni nom, ni âge, avant de toutefois souffler, taquin : « Vous n’avez qu’à marquer un pirate d’une toute petite soixantaine. » 

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Le capitaine des fourmis est aux commandes, à l’Armada de Rouen (Seine-Maritime). (©Jérémy Bonnet / 76 actu)

Ô parapluie, fidèle ennemi

L’heure de rejoindre les fourmis a sonné. Direction la foule et le navire suivant. La pluie s’étant invitée à la fête, il faut s’en prémunir. S’ensuit alors cette formidable bataille, pourtant perdue d’avance. Celle de l’œil contre la baleine de parapluie. Une fois la pluie passée et les milliers de cornées tombées au combat, il est déjà l’heure de rejoindre un navire, puis un autre, et un autre encore. 

Là, l’agoraphobie naissante s’est totalement estompée. En fait, l’entité nous a totalement absorbés. 

Vue de l'eau, l'Armada de Rouen (Seine-Maritime) révèle sa superbe

Vue de l’eau, l’Armada de Rouen (Seine-Maritime) révèle sa superbe (©Jérémy Bonnet  / 76 actu)

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