A l’Armada de Rouen, il récupère le marc de café pour les jardiniers et les agriculteurs

A l’Armada de Rouen, il récupère le marc de café pour les jardiniers et les agriculteurs

Pendant l'Armada 2019 à Rouen, Stéphane fait la tournée des commerçants bénévolement pour ramasser le marc de café et le recycle en le distribuant aux jardins familiaux et à un agriculteur.

Pendant l’Armada 2019 à Rouen, Stéphane fait la tournée des commerçants bénévolement pour ramasser le marc de café et le recycler, en le distribuant aux jardins familiaux et à un agriculteur. (©MN/76actu)

En passant tôt le matin à l’Armada 2019, peut-être croiserez vous Stéphane. Cet habitant de la métropole rouennaise effectue régulièrement la tournée des bars et des restaurants pour récolter et récycler le marc de café. Il réalise cette démarche bénévole et écologique depuis deux ans maintenant à Rouen, et a souhaité la mettre en place sur l’événement.

Un déchets aux utilisations multiples

Accréditation en poche, grâce à l’aide de la métropole Rouen Normandie investie sur les questions de gestion et de tri des déchets pendant l’Armada, Stéphane se trouve sur le site dimanche 9 juin 2019 avant 7 heures. Bilan du jour : une grande poubelle remplie entièrement et une autre à moitié. Il les a chargées dans le coffre de sa voiture hybride. « Il n’y a que moi qui utilise celle-ci, ma femme n’aime pas l’odeur du café ! », s’amuse-t-il.

Lui non plus n’en boit pas, mais ce père de deux grands enfants et fonctionnaire de mairie à Boos cherchait à utiliser son temps libre d’une façon qui compte. Il a donc décidé de recycler le marc pour améliorer un peu la situation écologique à son échelle. Le marc, s’il n’est pas traité, est un déchet émetteur de CO2 et de méthane.

Il peut pourtant être réutilisé pour de multiples usages : fertiliser le sol, repousser les insectes, colorer, comme exfoliant, combustible ou même biocarburant ! « J’ai découvert tout cela en lisant L’économie bleue de Gunter Pauli, détaille Stéphane. Mais avant de recycler le marc, encore faut-il le collecter et en la matière, rien n’est encore fait contrairement au plastique, au carton et au verre. » Pour pallier cela, il s’est lancé dans l’aventure avec une autre personne, Virginie.

Une participation encore timide sur l’Armada

Stéphane va de commerce en commerce afin de ramasser les bacs mis à disposition pour trier le marc. En deux ans à Rouen, avec trois jours de tournée hebdomadaire, il est passé de 22 500 litres à 29 000 litres collectés. Le tout est distribué gracieusement aux jardins familiaux de Repainville, une terre vierge de pollution, selon lui. Le surplus est donné à un agriculteur.

Sur l’Armada, à l’image de la collecte du jour, la participation est encore timide. La plupart des commerces sont fermés lors du passage de Stéphane et les bacs n’ont en majorité pas été sortis. L’homme est un brin déçu :

Tout le monde est d’accord pour le business, mais c’est toujours plus difficile de mettre en place quelque chose quand il n’y a pas de gain à la clé. Après je comprends, il y a déjà beaucoup à faire pour les commerçants surtout en cas de forte affluence (la veille, les quais étaient bondés, ndlr) et le tri ajoute une action supplémentaire.

Il en faudrait plus pour décourager Stéphane. D’autant qu’il a bon espoir de voir de plus en plus de commerçants participer à la démarche au fil de l’avancement de l’événement, une fois la folle fréquentation du premier week-end passée.

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« Payer sa location à la terre »

Surtout qu’il n’a pas d’obligation de résultat : « Je ne fais pas ça pour être connu, mais parce que ça me fait du bien et que c’est une petite pierre à l’édifice pour changer les choses. » Une personne séduite par sa démarche et motivée a souhaité récemment se joindre au projet. Il est aussi contacté par des organismes pour mettre en place des collectes.

« Les choses n’iront pas beaucoup plus loin », explique-t-il. Pour augmenter le volume de collecte, il faudrait se constituer en association ou voir plus grand. Ce n’est pas à l’ordre du jour. « Réaliser ces actions est en partie un moyen de déculpabiliser. J’habiterai là encore longtemps, je paie ma location à la Terre. »

Écolo dans l’âme, il préfère enjoindre chacun à se saisir du problème : « Depuis 30 ans, je me rends compte qu’on va droit dans le mur. Pourtant il y a tout un tas d’initiatives qui pourraient permettre à la société d’aller mieux. Il suffit de s’y mettre. »

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