Annoncée « d’ici 2022 », la fermeture de la centrale thermique du Havre (Seine-Maritime) devrait finalement se faire en 2021. (©MC Nouvellon)
Le ministre de l’écologie avait confirmé, lors de sa visite dans la cité océane en avril, la fermeture de la centrale à charbon du Havre (Seine-Maritime) « d’ici 2022 ». Elle devrait finalement intervenir dès le printemps 2021. C’est ce qu’indiquent les organisations syndicales après la visite, jeudi 6 juin 2019, du directeur du parc thermique d’EDF « pour lancer les premières discussions syndicales en vue du reclassement des salariés après la fermeture de la centrale prévue au printemps 2021″, précise la direction de l’entreprise à l’AFP.
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Les salariés sont abasourdis
« On s’est pris un coup de massue, les salariés sont abasourdis ». Pour Frédéric Guérin, représentant CGT à la centrale thermique du Havre (Seine-Maritime), l’annonce d’hier est un signe de plus qu’ « on marche sur la tête. La direction annonce la fermeture de la centrale 18 mois avant ce qui était prévu alors que le projet de loi énergie n’a pas encore été voté au Parlement ».
Si EDF assure anticiper la fermeture pour laisser plus d’opportunités de reclassement aux 200 salariés que compte le site, le syndicaliste n’y croit pas.
Bien sûr qu’il y a des inquiétudes du personnel, mais ils sont venus au Havre avec absolument rien, sauf une date de fermeture. Ils s’en servent pour nous dégager plus tôt.
La fin du projet de reconversion Ecocombust pour le Havre
Même son de cloche pour la CFDT du site, qui publie un communiqué dans lequel elle dénonce l’évincement de la centrale havraise du projet de reconversion à la biomasse Ecocombust, qui découle de cette annonce.
La CFDT défend fermement la mise en oeuvre du projet Ecocombust sur les trois tranches EDF (deux en Bretagne, une au Havre ndlr). Les salariés du Havre se sont mobilisés pour défendre leur outil avec les essais CRS et un espoir était permis.
Pour le syndicat, qui affirme que « les destins des centrales de Cordemais et du Havre étaient liés » par ce projet, « EDF revient sur sa parole et les sentiments de trahison et d’abandon se mêlent chez les agents, légitimant une colère que l’entreprise doit entendre. »
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— CFDT Cordemais Le Havre (@EdfCfdt) June 7, 2019
En avril dernier, RTE (Réseau de transport électrique), le garant de la sécurité en approvisionnement pour la France, présentait un rapport stipulant que « la centrale du Havre peut-être fermée d’ici 2022 (…). Son maintien à terme n’est pas nécessaire pour des raisons de tenue de tension. » Des conclusions remises en cause par les organisations syndicales qui mettent en avant les risques de possibles difficultés d’approvisionnement à venir pour la France.