Parmi les rares clubs pro de 2e division, le HAC a recruté plusieurs Américaines, dont Ashley Clark. (©Ludovic Ancel)
À partir du samedi 8 juin 2019, le Havre (Seine-Maritime) vibrera au rythme de la Coupe du monde féminine de football. Le stade Océane accueillera en effet sept matchs de la compétition, dont un huitième et un quart de final.
Mais les pelouses havraises n’ont pas attendu ce grand rendez-vous pour mettre à l’honneur le football féminin. Le Hac (Havre athletic club) fait en effet partie des quelques clubs à posséder une équipe féminine professionnelle. À quelques semaines de l’ouverture du mondial, rencontre avec les joueuses.
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« Je ne savais pas que je pouvais en faire mon métier »
Le foot, elles sont toutes tombées dedans quand elles étaient petites et pourtant, leurs parcours ont été bien différents. Ashley Clark, l’une des cinq Américaines de l’équipe, l’assure, elle a tapé dans son premier ballon à quatre ans et depuis, elle avait en la tête de devenir pro.
« Moi, je ne savais même pas que je pouvais en faire mon métier », sourit Margaux Huaumé. Pour la Normande, qui jouait à l’Avant-Garde Caennaise, l’opportunité s’est dessinée à l’occasion de matchs disputés face au HAC, où elle a été repérée par le coach havrais. Sa coéquipière Élodie Policarpo, originaire d’Albi, confirme : « Plus jeune, j’aurais pu aller en centre de formation à Lyon. Mais à 13 ans, c’est dur de s’éloigner autant de sa famille, et je ne savais pas que j’allais faire ça de ma vie. »
Il y a cinq ans seulement que j’ai compris que je pourrais être pro.
Vivre du foot, c’est possible ?
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les deux jeunes femmes ont choisi de continuer à travailler à côté des entraînements. Diplômée en marketing, Margaux est assistante communication au club, tandis qu’Élodie assure la billetterie quelques après-midi par semaine. « C’est vraiment la première année où je ne fais que du foot, explique-t-elle. J’ai gardé l’habitude de travailler, ça me paraissait normal. »
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Tour à tour, elles évoquent l’envie de « rester en contact avec le staff et ceux qui fréquentent le stade », ou simplement la crainte de s’ennuyer ou de faire « une année blanche. » Margaux rappelle d’ailleurs :
Seules les meilleures joueuses vivent complètement du foot. Dans certaines équipes de D2, les filles viennent s’entraîner à 19h30 après le travail.
L’exception havraise
Elles le savent, intégrer l’équipe du Hac est une chance. En France, sur les 37 clubs de 1e et 2e division, moins d’une vingtaine possèdent une section féminine adossée au club professionnel masculin. Si le foot féminin se fait progressivement sa place – « maintenant, on passe à la télé », souligne Margaux – être professionnel ou professionnelle n’a pas toujours le même sens.
« Ici, nous avons accès aux mêmes infrastructures, aux mêmes accompagnements que les garçons », insiste encore la jeune joueuse. Si les tribunes du stade Océane ne sont pas aussi remplies que les vendredis soirs pour leur championnat, les belles performances des filles, qui ont manqué de peu leur montée en D1 cette année, attirent de plus en plus de fans.
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« Sur un match, c’est vrai qu’on sera moins physiques, rapides que les garçons, reconnaît Élodie. Mais on joue sur la technique, et surtout on va beaucoup moins simuler, perdre du temps. Il y a moins d’argent pour nous donc finalement, on joue vraiment pour le plaisir. »