Les bibliothèques invitent l'écrivain Arno Bertina à l'espace Georges-Déziré, mardi 28 mai à 19 heures. Il y rencontrera le public après la lecture d'extraits de son livre Des Châteaux qui brûlent par l'atelier de lecture à voix haute Les Mots ont la parole. Paru fin 2018, le livre d'Arno Bertina projette le lecteur dans le tête de travailleurs qui séquestrent le secrétaire d'État à l'Industrie après l'annonce de leur liquidation judiciaire. Ces ouvriers d'une usine d'abattage de poulets en Bretagne ressemblent comme des frères, comme des sœurs, aux « Fralib » et aux « Jeannette » qui, ces dernières années, ont lutté pour sauver leurs emplois et leur outil de travail. Parfois au prix de lourds sacrifices.
Le récit de cette séquestration, vue alternativement par les ouvriers, le secrétaire d'État, sa conseillère, et, parfois, par un garde mobile, revêt une dimension tout à fait vraisemblable. On serait même tenté de dire « réaliste ».
Pourtant, il s'agit bien d'un roman. Un roman « chorale », polyphonique, que ces voix sous haute tension finissent par rendre plus vrai qu'une réalité – si proche quant à elle du mauvais rêve quand chaque année l'ONG Oxfam répète qu'une poignée d'ultra-riches détient autant de richesses que la moitié de l'humanité…
La réalité (celle décrite dans la fiction) qu'expose Arno Bertina à la sensibilité du lecteur n'est cependant pas si simple qu'on voudrait la voir dans certains médias, celle opposant des groupes homogènes dont un seul détiendrait la légitimité de l'action… Même la police, ici dépêchée aux grilles de l'usine, n'est jamais caricaturée. Seuls peut-être, journalistes et actionnaires, pourtant eux aussi acteurs du drame en train de se jouer, sont confinés hors champ par l'auteur.
La raison ? Arno Bertina pourra y répondre mardi 28 mai à l'espace Georges-Déziré. Ce ne sera pas sa première visite à Saint-Étienne-du-Rouvray. Et ce ne sera sans doute pas la dernière…
Mardi 28 mai, espace Georges-Déziré, 19 heures. Entrée libre.
Photo : Anita Michalon