Les bateaux de l’Armada : le Marité, construit à Fécamp, est le dernier des terre-neuviers

Les bateaux de l’Armada : le Marité, construit à Fécamp, est le dernier des terre-neuviers

Le Marité est le dernier des terre-neuviers à pouvoir voguer. Il sera à l'Armada de Rouen (Seine-Maritime).

Le Marité est le dernier des terre-neuviers à pouvoir voguer. Il sera à l’Armada de Rouen (Seine-Maritime). (©Le Marité)

Le Marité sera en territoire connu, pour deux raisons, lors de l’Armada de Rouen du 6 au 16 juin 2019 : il a été construit en 1921 à Fécamp (Seine-Maritime) et était déjà là lors d’une précédente édition en 2003.

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Un des derniers terre-neuviers lancé en mer

C’est un navire à la longue histoire qui accostera sur les quais de Seine. Mis à l’eau en 1923, le trois-mâts goélette avait été construit pour pêcher à Terre-Neuve, île étroitement liée à l’histoire fécampoise. Lors des cinq campagnes morutières effectuées entre 1924 et 1929, le Marité a ramené chaque fois entre 100 et 160 tonnes de morue. Vendu en 1930, le bateau a vogué sous pavillon danois, pêchant dans l’Atlantique Nord.

Un temps inefficace à la pêche, il a servi à transporter du charbon entre les Îles Féroé et le Danemark, puis à transporter des marchandises entre l’Angleterre et les Féroé, tout juste occupées en réponse à l’offensive allemande d’avril 1940. Il ne changera pas de mission jusqu’à la fin du conflit, revenant en 1946 à ce pour quoi il avait été conçu : pêcher la morue. Inadapté aux usages modernes, il est de nouveau vendu en 1954.

Sauvé de la destruction, il redevient Français

Fini la morue, place au hareng et à la crevette, avant de frôler la destruction : le Marité a été désarmé en 1969 puis abandonné en 1973. Cinq Suédois ont mené la folle entreprise de le restaurer, ce qui a duré neuf ans, entre 1978 et 1987. Modifié pour répondre aux normes de l’époque, il revient à la mer en 1992 grâce à un contrat commercial. La même année, il finit troisième à la Columbus race, grande course de voiliers.

Revenu pour la première fois dans son port d’origine la même année, il retrouvera sa Normandie natale de façon définitive en 2004. Vendu par ses sauveurs suédois, le Marité a été racheté pour 1,6 million d’euros par une alliance de collectivités – dont Rouen et Fécamp – pour redevenir Français. Depuis, il a ses attaches à Granville, fait naviguer les touristes dans la Manche et participe aux grands rendez-vous maritimes.

Caractéristiques

  • Pavillon : Français.
  • Port d’attache : Granville.
  • Longueur : 44,9 m.
  • Maître-bau : 8 m.
  • Tirant d’eau : 3,60 m.
  • Équipage : 5 à 6 marins, peut embarquer 74 passagers en mer.
  • Voilure : 650 m² (16 voiles).
  • Apparitions célèbres : Armada 2003, Transat Jacques-Vabre au Havre, Route du Rhum à Saint-Malo…
  • Signe particulier : s’il s’appelle Marité, c’est parce qu’il devait s’appeler Marie-Thérèse, du nom de la fille de son premier propriétaire. Mais le nom était déjà pris, donc le diminutif lui a été préféré.
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