Des travaux ont été effectués au terminal croisière du Havre, afin d’offrir un meilleur accueil aux croisiéristes et de faciliter les embarquements. (©S.B./Normandie-actu.)
Le Havre (Seine-Maritime) mise sur le boom des croisières et multiplie les travaux sur le port et le terminal croisière, afin d’assurer un meilleur accueil aux touristes et pour se positionner comme un port de référence auprès des compagnies maritimes.
Dans le terminal 12, situé quai Roger-Meunier, de nombreux aménagements ont été effectués pour faciliter l’embarquement des croisiéristes et garantir la sécurité de tous. La superficie a été quadruplée et des scanners ont été installés. Des travaux d’un montant de 320 000 euros qui s’inscrivent dans le projet Le Havre Normandy Cruise Vision, qui ambitionne d’accueillir 750 000 passagers à l’horizon 2025.
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Accueillir plus de têtes de ligne
Jean-Baptiste Gastinne, maire du Havre et président de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, ne cache pas son ambition : développer les croisières maritimes et fluviales, afin de booster l’économie locale. « De nombreux aménagements sont réalisés à proximité du terminal croisière pour accueillir les passagers dans les meilleures conditions possibles. Des travaux de voirie, de renforcement de quais ont été effectués par le port du Havre. La communauté urbaine accompagne également ces transformations. »
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Le terminal 12 a une fonction mixte : l’accueil des passagers qui font escale au Havre, mais aussi celui des passagers qui y embarquent et y débarquent.
« Pour pouvoir développer les têtes de ligne, nous avons investi dans des scanners et un équipement qui permet d’effectuer les contrôles à terre. Les compagnies intéressées par ces services peuvent louer le matériel », précise Benoit Remy, directeur de l’office de Havre-Étretat Normandie Tourisme, organisme en charge de la gestion du terminal croisière.
Des scanners ont été installés dans le terminal 12, afin de permettre des contrôles à terre. (©S.B./Normandie-actu.)
À l’instar d’un aéroport, le terminal croisière est protégé : une grille empêche dorénavant d’accéder aux quais, où sont amarrés les bateaux, les douanes et la police aux frontières sont présentes sur site.
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Un terminal sécurisé
Benoit Remy se félicite de ces nouvelles infrastructures :
Nous sommes les premiers à avoir ainsi sécurisé nos accès. L’arrivée des scanners va permettre de mieux gérer les flux et arrivées des touristes. En 2018, ce sont 41 embarquements qui ont été effectués au Havre.
Le terminal 12 a été entièrement aménagé pour assurer un meilleur confort aux touristes. Coût des travaux : 320 000 euros. (©S.B./Normandie-actu.)
Porté par la Région, le port, la communauté urbaine, le projet Le Havre Normandy Cruise Vision (d’un montant de plusieurs dizaines de millions d’euros) devrait permettre de développer trois terminaux pour les trois postes à quai. Le troisième terminal pourrait être imaginé dans l’actuel hangar 13.
« C’est notre objectif », ajoute Jean-Baptiste Gastinne. « Les études techniques se poursuivent et nous travaillons sur l’aménagement de l’ensemble de la Pointe de Floride, qui devrait être entièrement dédiée à la croisière ».
Éventuellement, un équipement culturel pourrait trouver sa place sur la Pointe de Floride.
Sécurisation des flux, aménagement de stationnement pour les véhicules, cheminement des piétons sécurisé pour passer du terminal 1 au terminal 12 etc… Autant d’aménagements destinés à anticiper la croissance du marché de la croisière. Pour rappel, Le Havre capte les 2/3 des croisiéristes entre Bayonne et Dunkerque, occupant ainsi une place stratégique.
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Croisières et environnement
La compagnie Aida est fidèle au port du Havre. (©S.B./Normandie-actu.)
La croisière, un secteur d’activité polluant ? Au Havre, on ne nie pas l’impact de la croisière maritime sur l’environnement, mais toute comparaison avec le port de Marseille est rejetée :
« Depuis janvier 2015, la mer Baltique et la Manche-mer du Nord sont classées en zones Seca (« sulphur emission control areas ») obligeant tous les bateaux à consommer un carburant limité à 0,1 % de soufre (du gasoil marin, NDLR). Ce sont des normes plus contraignantes et plus drastiques qu’en Méditerranée », précise le président de Havre Seine Métropole.
Un bateau arrivant au Havre est beaucoup plus « vert » qu’à l’approche de Barcelone, de Nice ou de Capri. « Seules deux autres régions du monde imposent la même règle : les côtes américaines et canadiennes, et la partie américaine des Caraïbes », précise le journal Les Échos, dans un article paru en septembre 2018.
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Petit coup de pouce pour encourager les compagnies à réfléchir à leur impact environnemental : « une enveloppe de 10 000 euros est affectée pour récompenser les navires et escales les plus vertueuses. »
Le port mène également des études sur la possibilité d’installer des bornes électriques pour les petits navires. Ce sont ces mêmes bornes qui permettent l’alimentation des bateaux destinés à la croisière fluviale, un type de vacances qui séduit les seniors.