Gurvan Le Gall du Havre est emprisonné en Russie depuis un mois, son avocat craint pour sa santé. (©French teachers)
Un professeur de français originaire du Havre est en détention provisoire dans une prison en Russie depuis un peu plus d’un mois, accusé d’avoir à la suite d’un contrôle voulu corrompre des policiers à Togliatti. Ses avocats sont loin d’être rassurés sur sa santé.
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Trois douches en un mois
« Nous sommes effectivement inquiets, sa famille, son avocat en Russie et moi-même pour sa santé. Aux dernières nouvelles, mon client Gurvan Le Gall n’a pu prendre que trois douches en un mois, il est dans une situation d’isolement très difficile et n’a eu que très peu de contacts avec ses avocats. »
Les conditions de détention dans lesquelles se trouve mon client pourraient avoir des conséquences sur son état de santé mentale, regrette Alexandre Delavay, avocat au Havre.
Une détention provisoire qui, au vu de ce qui est reproché au quadragénaire originaire du Havre, est « disproportionnée », selon son avocat. Il est reproché deux choses au Havrais, qui se rend plusieurs fois par an en Russie pour y donner des cours de français.
« La première, c’est de ne pas avoir fait enregistrer le visa dont il était titulaire auprès de sa commune de résidence, pour cela il risque une peine d’amende. L’audience a eu lieu la semaine passée et nous aurons le délibéré le mercredi 8 mai prochain », indique Me Delavay.
Jusqu’à huit ans de prison
Ce dernier est plus inquiet concernant la seconde partie de ce qui est reproché à son client, puisqu’il encourt jusqu’à huit ans d’emprisonnement.
Lors du contrôle sur cet enregistrement, il est reproché à mon client d’avoir voulu corrompre des policiers, ce qu’il conteste depuis son interpellation.
L’audience sur cette procédure pénale n’a toujours pas été fixée. « Selon mes collègues russes, en général, cela va assez vite, entre deux et six mois. » Mais en attendant, Gurvan Le Gall devra-t-il rester en détention ? « Au bout de deux mois de détention provisoire, un juge doit en décider, et évidemment c’est ce que nous craignons. Sa mise en détention a été prononcée parce que le juge a estimé qu’il y avait un risque qu’il ne se présente pas à l’audience. Mon client n’a pourtant jamais été condamné, il n’a jamais eu de soucis avec la justice, il a vécu plusieurs années en Russie et aujourd’hui y revient plusieurs fois par an. »
Le 23 mai à défaut de connaître la date de son procès, Gurvan le Gall devrait savoir s’il sera ou non maintenu en détention.