Ferrero épinglé dans une enquête pour l’exploitation de réfugiés syriens en Turquie

Ferrero épinglé dans une enquête pour l’exploitation de réfugiés syriens en Turquie

La production de Nutella dans l'usine de Seine-Maritime a été suspendue mardi 19 février 2019.

Une enquête du New York Times met en cause Ferrero, le géant du Nutella, pour l’exploitation de réfugiés syriens en Turquie. (©Isabelle Villy/Normandie-actu)

L’enquête du New York Times fait grand bruit. Publiée lundi 29 avril 2019, l’article met en cause le géant du chocolat Ferrero, pour l’exploitation de réfugiés syriens dont des enfants, via des intermédiaires, pour ramasser des noisettes en Turquie.

600 000 fermes de noisettes en Turquie

Ferrero possède sa plus grosse entreprise de fabrication de Nutella® au monde à Villers-Ecalles en Seine-Maritime. L’usine normande absorbe environ un tiers de la production mondiale de noisettes !

70 % de la production mondiale de noisettes provient de Turquie. C’est donc dans plusieurs de ces 600 000 fermes de noisettes que le journaliste s’est rendu et qu’il a découvert des conditions de travail déplorables. 

Lire aussi : Ferrero annonce la reprise de la production de Nutella dans son usine de Seine-Maritime

Des semaines de labeur

Le quotidien évoque, sur la base de témoignages, des semaines de labeur de sept jours sur sept, à travailler 12 à 13 heures par jour dans des conditions de sécurité douteuses, pour un salaire journalier de neuf euros, souvent sans contrat. Environ 200 000 réfugiés, dont des enfants, seraient ainsi exploités.

« En six ans de suivi, nous n’avons jamais trouvé en Turquie une seule exploitation de noisettes dans laquelle toutes les normes de travail décent soient respectées », a déclaré au New York Times Richa Mittal, directrice de l’innovation et de la recherche de la Fair Labor Association qui oeuvre pour le respect des lois nationales et internationales du travail.

Lire aussi : Importation d’huile de palme : des agriculteurs protestent devant une usine Ferrero de Seine-Maritime

Ferrero assure « prend(re) la situation très au sérieux »

Interrogé à ce sujet, Ferrrero assure, dans un communiqué publié jeudi 2 mai, que « c’est avec beaucoup d’attention que nous avons pris connaissance de l’enquête parue dans le New York Times ». Reconnaissant que la production de noisettes en Turquie « est un sujet complexe », le groupe explique « prend(re) la situation des travailleurs de cette filière très au sérieux ».

Rappelant qu’il travaille avec différents organismes sur le terrain, la marque souligne notamment sa collaboration avec l’OIT (Organisation internationale du travail) Turquie depuis cinq ans.

Des avancées ont été réalisées pour offrir de meilleures conditions de vie aux travailleurs participant à la récolte des noisettes. L’engagement et les activités ont reçu l’appui des gouvernements locaux et nationaux qui demandent à présent un plan d’action annuel aux régions où la main-d’œuvre saisonnière contribue à la récolte des noisettes.

• DOCUMENT. Le communiqué de presse de Ferrero :

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