Le risque terroriste durant l’Armada de Rouen (Seine-Maritime) est pris en compte par les autorités, mais ce n’est pas la seule menace anticipée. (Archives ©RT/76actu)
L’Armada de Rouen (Seine-Maritime) « se déroulera pour la première fois avec un risque terroriste », reconnaît Benoît Lemaire, directeur de cabinet du préfet de Seine-Maritime. L’autorité préfectorale a mis le paquet pour sécuriser au mieux l’événement nautique qui se déroulera du 6 au 16 juin 2019.
Lire aussi : INTERVIEW. Patrick Herr va vivre sa dernière Armada comme président : « Ce sera la plus belle ! »
« Tout le monde sera contrôlé »
Ce rassemblement de voiliers sera « classé dans les grands événements » par le ministère de l’Intérieur, indiquait Patrick Herr, président de l’Armada dans une interview à 76actu. En plus des policiers et des gendarmes, 250 CRS seront mobilisés.
Un périmètre a été mis en place avec cinq portes d’entrée – trois rive droite et deux rive gauche – grâce auxquelles « tout le monde sera contrôlé, même les bénévoles », précise Patrick Herr. « Tous les visiteurs seront passés à la raquette », pour vérifier qu’ils ne portent pas d’arme, indique Benoît Lemaire de la préfecture. Quant à ceux qui travaillent à l’intérieur du périmètre, comme les commerçants, ils seront détenteurs d’une habilitation et d’un badge.
Huit kilomètres de barrières, 80 caméras, des drones, du personnel privé chargé des fouilles… Nul doute que l’enveloppe sécuritaire pèsera lourd sur le budget global de l’Armada, même si l’association ne peut pas communiquer sur ce montant : « Ça sera forcément plus que l’édition précédente parce qu’on a renforcé la sécurité avec le risque attentat, mais nous ne sommes pas en mesure de donner de chiffre. »
Collision, mouvement de foule, incendie…
Même si elle est prise en compte, la menace terroriste n’est pas plus accrue qu’ailleurs, seulement « on prend plus de précautions parce qu’il y a ce rassemblement et c’est normal que l’on assure la sécurité du citoyen », rassurait Fabienne Buccio, alors préfète, dans une interview accordée à 76actu. Le dispositif sera dimensionné afin de parer à toute éventualité.
On peut avoir à faire à des collisions sur le fleuve, à des gens qui tombent massivement à l’eau parce qu’il y a eu un mouvement de foule, à un début d’incendie quelque part… Il y a vraiment toute sorte de possibilités, liste Benoît Lemaire.
Le 25 avril, un exercice de sauvetage a simulé la collision entre deux bateaux sur la Seine. La Seine sera d’ailleurs privilégiée comme voie rapide par les secours. Les quais seront bondés par la foule, « il ne sera pas possible de faire passer un véhicule », anticipe le directeur de cabinet de la préfecture. Le dispositif a été conçu pour que les forces de l’ordre ou secouristes puissent intervenir en cinq minutes maximum, n’importe où à l’intérieur du périmètre. Pour coordonner tous ces services, un poste de commandement sera directement installé sur les quais, car tous en sont convaincus, la clé du succès résidera dans la coordination efficace des éventuelles opérations.