Le concours des meilleurs apprentis de France a retenu Léonie, 20 ans, au niveau départemental pour la réalisation en marbre de ce décor imposé. (©DR)
À 20 ans, Léonie Setif est la preuve vivante qu’avec de la détermination et de la ténacité, on parvient à réaliser ses rêves. Cette jeune femme discrète a trouvé sa voie en même temps qu’elle a découvert le fabuleux métier de tailleur de pierre : une sorte de révélation en somme, qui l’a incitée à quitter, à trois mois du baccalauréat, la filière littéraire où elle s’ennuyait ferme. D’autant qu’elle a travaillé en tant que bénévole à un chantier de restauration du patrimoine, à trois reprises, dans l’Eure : une certitude de plus pour Léonie pour s’engager dans cette voie, afin de concrétiser ses espoirs professionnels.
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La seule femme marbrière de l’entreprise
« L’école, ça ne me plaisait pas trop, c’était trop long. Alors j’ai choisi l’apprentissage et j’ai été acceptée ici, chez Marbres et Tendances à Eslettes », raconte Léonie, qui suit son cursus au sein d’un CFA situé à Louvigné-du-Désert, en Bretagne. Et dans ce corps de métier qu’est la marbrerie, quand bien même elle est de décoration, il faut bien reconnaître que les femmes se comptent sur les doigts… d’une seule main. D’ailleurs, Léonie est la seule représentante féminine dans cette petite entreprise familiale qui compte quatre salariés en plus des patrons.
Un travail effectué à la main
Très vite, Léonie a fait preuve de beaucoup de courage et d’implication dans son travail, très physique, et l’idée de participer au concours des meilleurs apprentis de France s’est finalement imposée comme une évidence. Aidée par Delphine Throude, la femme du patron, qui s’est chargée du côté administratif, la jeune femme s’est attelée à la tâche, après ses heures de travail et aussi les week-ends. De son côté, le patron, fils et petit-fils de marbriers de décoration, n’a pas ménagé sa peine pour conseiller et guider la jeune femme. Un vrai apprentissage en somme, d’autant que Léonie a choisi de réaliser la pièce du concours… à la main, en laissant de côté les machines qui auraient effectivement permis de lui faciliter l’ouvrage.
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Une pièce imposée à réaliser
La pièce imposée pour le concours était une carte de France, indiquant le sigle MAF, le tout en marbre, bien évidemment. « Il m’a fallu 250 heures pour réaliser cette pièce pour le concours, soit trois mois de travail. Le fait de la faire à la main, c’est plus de travail, c’est vrai, mais c’est aussi beaucoup de satisfaction », constate Léonie, qui explique que la difficulté, une fois réalisées toutes les pièces de l’ensemble, c’est l’assemblage. Tout doit s’emboîter à la perfection et on imagine bien qu’il ne faut pas se tromper d’un millimètre au moment de faire émerger du bloc de marbre, la pièce qu’il faudra ensuite façonner pour qu’elle s’imbrique parfaitement à l’ensemble…
Précision, minutie : un travail d’artiste
Un vrai travail d’artiste qui passionne Léonie, même si certaines étapes ont été plus complexes : « le polissage… c’était le plus difficile », glisse la jeune apprentie, qui adore assembler les morceaux et les coller. Précision, minutie : autant de qualités qui doivent guider un marbrier au moment de réaliser un ouvrage et pour son modèle imposé du concours, Léonie a travaillé avec du marbre noir, du rouge alicante et aussi du marbre blanc de Carrare.
Des matières ô combien nobles, qui inspirent la jeune apprentie et la font espérer, pourquoi pas, dans un proche avenir, mettre son talent au service de designers, pour inventer les objets de décoration de demain… Léonie Sétif n’en est pas encore là, mais avec les conseils avisés de ses patrons, elle va poursuivre son apprentissage, valider son CAP en fin d’année et poursuivre encore un peu sa formation. Et d’ici là, sa carte de France en marbre, déjà auréolée d’or au niveau départemental, sera présentée aux échelons supérieurs, régional et national…
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