Aéroport Rouen Vallée de Seine : nouvelles craintes de délocalisation pour les contrôleurs aériens

Aéroport Rouen Vallée de Seine : nouvelles craintes de délocalisation pour les contrôleurs aériens

Arnauld Cosyn, contrôleur aérien et secrétaire de la section CGT de Rouen, dénonce le nouveau projet de délocalisation du service d’approche du contrôle aérien de l’aéroport Rouen Vallée de Seine.

Arnauld Cosyn, contrôleur aérien et secrétaire de la section CGT de Rouen, dénonce le nouveau projet de délocalisation du service d’approche du contrôle aérien de l’aéroport Rouen Vallée de Seine. (©Archives/I.V)

Après l’annonce de l’arrêt de la liaison Rouen-Lyon, après l’Armada en juin 2019, c’est une autre mauvaise nouvelle qui plane sur l’aéroport Rouen Vallée de Seine : cette fois, ce sont les contrôleurs aériens qui seraient visés par une nouveau projet de délocalisation de la gestion de l’espace aérien rouennais, qui serait transféré à Lille, selon Arnauld Cosyn, contrôleur aérien et secrétaire de la section CGT de Rouen. Cette décision doit être actée le 9 avril prochain.

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Ce n’est pas la première fois que ce genre d’annonce intervient : la dernière fois, c’était en 2016 et les contrôleurs aériens étaient déjà montés au créneau.

Le nombre de contrôleurs divisé par deux

Selon le représentant syndical, le nombre de contrôleurs aériens travaillant à Rouen serait divisé par deux si cette mesure était adoptée.

La délocalisation du service d’approche aura pour conséquences des délais accrus pour les vols commerciaux et d’affaires et entraînera une perte de fluidité pour les vols de loisirs et d’entraînement, sans compter les incidences possibles sur la sécurité, car les séparations à vue que nous pratiquons ne pourront plus être assurées, dénonce Arnauld Cosyn.

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Menace sur un service d’astreinte « unique en France »

Le représentant de la CGT indique par ailleurs que cette décision menacerait également le service d’astreinte mis en place à Boos, « unique en France », pour les vols nocturnes. « L’aviation civile entend également transférer la gestion des espaces de Deauville, s’étendant de Caen au Havre, à Lille. La Normandie deviendrait ainsi l’une des seules régions françaises à ne pas avoir d’approche centrale sur son sol, c’est-à-dire des approches gérant des vols basses couches », souligne Arnauld Cosyn.

Pour lui, ces décisions prises « sans concertation », seraient synonymes d’une « délocalisation des services publics », et d’une « perte de souveraineté de la Région Normandie au profit des Hauts-de-France ».

« Le dialogue social a été totalement défaillant »

« Le dialogue social a été totalement défaillant », poursuit le syndicaliste, qui constate qu’il n’avait plus eu « aucune nouvelle de l’administration depuis deux ans », période à laquelle il avait été convoqué pour une sanction disciplinaire. Il avait en effet accroché une banderole contre la délocalisation, alors que le président de la République d’alors, François Hollande, devait atterrir à Boos.

Deux ans après, la menace d’une délocalisation semble donc refaire surface, mais Arnauld Cosyn affirme que l’équipe de contrôle « est toujours unanimement opposée à ce projet. Nous nous battrons pour le maintien en l’état de notre outil de travail, indispensable au bon développement de l’aéroport ». Il annonce la tenue d’une assemblée générale dès ce mardi 2 avril 2019 : « deux jours de grève sont d’ores et déjà prévus et d’autres sont possibles, à des dates clés comme l’Armada par exemple. L’administration sera seule responsable du conflit social qu’elle a engendré », conclut le représentant syndical.

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