Salle comble lundi 25 mars 2019, pour le premier conseil municipal du Havre (Seine-Maritime), après la démission de Luc Lemonnier. (©MC Nouvellon/76actu)
C’est sans grande surprise dans une salle comble que le conseil municipal du Havre (Seine-Maritime), s’est ouvert, lundi 25 mars 2019. Après la démission de Luc Lemonnier la semaine précédente, suite aux révélations l’impliquant dans l’envoi, à plusieurs femmes, de photos de lui dénudé, c’est Jean-Baptiste Gastinne, désigné maire par intérim, qui présidait la séance.
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Des événements aux « conséquences dramatiques »
D’emblée, l’ancien premier adjoint a tenu à évoquer l’affaire qui a secoué la ville :
Personne ne peut prétendre qu’il ne s’est rien passé depuis une semaine.
Lui qui avait jusqu’ici refusé de s’exprimer publiquement sur le sujet, a d’abord tenu à marquer son soutien aux « femmes et hommes concernés et leurs proches », pour qui les conséquences des récents événements sont « dramatiques ».
Le maire par intérim reconnaît que "personne ne peut nier avoir été ému, choqué par ce qui a été dit et écrit ces derniers jours" dans l'affaire #luclemonnier mais refuse d'entendre parler "d'omerta" de la majorité, dénonçant des "insinuations insupportables"
— MC Nouvellon (@macha_mcn) March 25, 2019
Le silence de la majorité dénoncé
Pour autant, le désormais premier édile de la ville refuse d’entendre parler « d’omerta » de la majorité sur les faits dénoncés, évoquant des « insinuations insupportables » à ses yeux.
Le silence de la majorité, c’est pourtant là-dessus qu’ont insisté une partie des élus de l’opposition.
On apprend un peu partout que tous les membres de cette majorité était a priori au courant depuis au moins un an », s’est ainsi indignée Muriel de Vriese, conseillère municipale du groupe Pour une nouvelle gauche au Havre.
« Malgré tout, vous nous avez demandé d’accorder notre confiance à monsieur Lemonnier pour assurer la présidence de la communauté urbaine », reproche-t-elle à la majorité.
Le troisième maire du mandat
L’élue de gauche n’a d’ailleurs pas manqué de remarquer ironiquement que « vous [Jean-Baptiste Gastinne, ndlr] ne perdez pas de temps pour présenter votre candidature dans la presse » pour la succession au siège de maire.
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Muriel de Vriese a tenu à rappeler la proximité de celui qui est, à l’heure actuelle, le seul candidat déclaré au poste, avec le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, puis avec l’ancien candidat à la présidentielle François Fillon : « En 2014, les Havrais ont voté pour un homme certes de droite, mais avec des positions sur les questions sociétales plus ouvertes. »
Inquiétude partagée par l’élue communiste Nathalie Nail qui souligne « l’instabilité que la ville traverse depuis 2017 et qui se poursuit », rappelant que « nous sommes à la 3e élection de maire, fait unique en France pour une ville de notre taille ».
« L’équipe municipale est toujours au travail »
En fin de séance, Jean-Baptiste Gastinne a reprécisé que cette affaire était à ses yeux « une affaire privée jusqu’à preuve du contraire », relevant des « déclarations contradictoires sur ces faits ».
Concernant les suites politiques à donner à la mairie du Havre, il aspire à « plus de dignité et de respect vis-à-vis des citoyens », assurant que le successeur de Luc Lemonnier ne se limitera pas à l’expédition des « affaires courantes ». L’élection du nouveau maire aura lieu samedi 30 mars 2019.
Pour la première fois depuis la démission de #luclemonnier, @JBGastinne s'exprime sur la suite à la mairie du #Havre pic.twitter.com/qKlChYXGKk
— 76actu (@76actu) March 25, 2019