Les Gilets jaunes de Normandie en meeting, près de Rouen : « Il faut un mouvement massif en mai »

Les Gilets jaunes de Normandie en meeting, près de Rouen : « Il faut un mouvement massif en mai »

Hakim Löwe, Philippe Pascot, François Boulo et Jérôme Rodrigues, quatre figures des Gilets jaunes ont animé, mercredi 20 mars, une conférence sur la suite du mouvement, à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

Hakim Löwe, Philippe Pascot, François Boulo et Jérôme Rodrigues, quatre figures des Gilets jaunes ont animé une conférence sur la suite du mouvement mercredi 20 mars 2019 à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). (©SL / 76actu)

Clin d’œil aux « conférences citoyennes » du gouvernement, les Gilets jaunes de Normandie ont tenu une conférence régionale aux allures de meeting, mercredi 20 mars 2019, à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). Quatre figures du mouvement se sont exprimés : Hakim Löwe sur « le référendum d’initiative citoyenne », Philippe Pascot sur « la démocratie », Jérôme Rodrigues sur « la suite du mouvement » et François Boulo, porte-parole des Gilets jaunes de Rouen, sur « l’injustice fiscale et sociale ».

Voter « tout sauf Macron » aux élections européennes

Réaffirmer les revendications martelées depuis novembre 2018 — pouvoir d’achat, justice fiscale et mise en place du RIC — pour esquisser le calendrier et les modes d’action à déployer sur les semaines à venir. Voilà, en résumé, l’objet de la conférence qui a réuni environ 300 personnes. Le premier à s’exprimer, l’écrivain Philippe Pascot, a donné le ton en vue du 26 mai, jour des élections européennes :

Il faut voter en masse. Je ne donne pas de consigne, à part tout sauf Macron.

Aucun intervenant ne s’est risqué à donner une consigne, malgré certaines demandes en ce sens. François Boulo l’a justifié par le caractère « politique mais apartisan » du mouvement, après avoir refusé de devenir le « représentant officiel » national des Gilets jaunes. L’avocat a tracé en parallèle la ligne politique à suivre, déjà répétée : pour revenir sur la suppression de l’impôt sur la fortune, combattre l’évasion fiscale ou le crédit d’impôt aux entreprises, « il faut sortir des traités ». C’est selon lui le « préalable ».

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« Il faut travailler sur d’autres méthodes de combat »

Raison pour laquelle, au-delà du « tout sauf Macron » qu’il prône également, il affirme que « le plan B, c’est de continuer à mener le combat des idées en visant à ce que les souverainistes l’emportent ». Mais son plan A, qu’il « préfère », s’appuie sur la rue : « Il faut une mobilisation massive en mai, juin, une telle mobilisation que le gouvernement cède ou qu’on retourne aux urnes. » Dans les rangs du public, la révolution fait rêver.

Après quatre mois de mobilisation et des signes d’usure, la question des moyens à employer pour obtenir gain de cause a été centrale. Les marches du samedi, dont l’efficacité fait débat, sont discutées. « Il faut imaginer d’autres méthodes », appuie Philippe Pascot, citant « un café acheté à 50 dans un Starbucks » pour le bloquer ou « des sardines cachées dans des centres des impôts » pour les faire fermer. Cibler « des entreprises du CAC 40 » pour laisser souffler les petits commerces semble faire l’unanimité.

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Hakim Löwe a défendu le RIC, son cheval de bataille : "C'est un élément indispensable pour pouvoir expérimenter la démocratie, il n'y a pas que le vote."

Hakim Löwe a défendu le RIC, son cheval de bataille : « C’est un élément indispensable pour pouvoir expérimenter la démocratie, il n’y a pas que le vote. » (©SL / 76actu)

« Je n’ai pas l’impression que la violence nous serve »

Ce qui divise, peut-on constater au vu des réactions du public, c’est l’usage de la violence. « J’ai la rage, on l’a tous. Je comprends le lien avec la violence. Mais passons de l’émotion à la raison », a invité François Boulo, qui était dans le cortège de la marche pour le climat, samedi 18 mars, plutôt que sur les Champs-Élysées : 

On a eu quoi en quatre mois ? Des gardes à vue, la loi anticasseurs et l’armée dans la rue samedi prochain. Au vu du bilan, je n’ai pas l’impression que la violence nous serve.

Cette position est partagée par les autres intervenants, à la tribune. Une position « dégueulasse », a jugé un homme dans le public, applaudi par une partie de la salle. Jérôme Rodrigues, en chauffeur de salle, a appelé les militants « à se fédérer par région et à retourner aux fondamentaux du mouvement » pour durer : « Si on lâche maintenant, on ne pourra plus retourner dans la rue. On va continuer. » Il a relayé l’appel du 30 mars pour une manifestation régionale à Caen (Calvados) afin de soutenir les Gilets jaunes condamnés.

Jérôme Rodrigues, figure du mouvement blessée en janvier par un projectile tiré par la police, a été le dernier à s'exprimer, mercredi soir.

Jérôme Rodrigues, figure du mouvement blessée en janvier par un projectile tiré par la police, a été le dernier à s’exprimer, mercredi soir. (©SL / 76actu)

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