L’extension des zones payantes de stationnement prévue pour juillet 2019, contestée par les riverains, est finalement suspendue par la mairie de Rouen (Seine-Maritime). (©JB/76actu/Illustration)
Les élus de la Ville de Rouen (Seine-Maritime) ont décidé, mardi 19 mars 2019, d’annuler l’extension des zones de stationnement payant prévue pour juillet. Les riverains s’étaient vivement opposés à ce projet.
Un stationnement payant décrié
La controverse a débuté lorsque, en fin d’année 2018, la Ville a fait voter l’extension des zones de stationnement payant dans des secteurs résidentiels : la partie nord du quartier Saint-Gervais, une grande zone autour des boulevards de l’Yser et de Verdun et de la route de Darnétal ainsi que l’île Lacroix.
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Par la suite, les riverains se sont vivement opposés à cette mesure et l’ont fait savoir lors de réunions publiques parfois « houleuses », comme le décrit Jean-Michel Bérégovoy, adjoint de quartier, également en charge de la démocratie participative.
Un collectif de riverains mécontents s’est formé pour refuser « ce nouvel impôt déguisé » en lançant une pétition en ligne (qui a recueilli plus de 800 signatures) et en distribuant des flyers aux habitants des quartiers concernés. L’un des membres du collectif, déplore notamment une « absence de concertation. Cela a été décidé dans notre dos ».
La mairie suspend son projet
Décision a donc été prise de suspendre ce projet d’extension des zones payantes. Refusant l’idée d’avoir cédé à la pression, Jean-Michel Bérégovoy reconnaît que la levée de boucliers des riverains a motivé ce choix. « Avec le maire et les élus en charge du dossier, nous avons considéré qu’on ne pouvait pas poursuivre ce projet sans l’acceptation des habitants. On pensait que c’était mûr, mais en fait non », explique l’élu.
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La Ville avait pourtant argué que l’extension du stationnement payant était une demande de certains riverains de ces quartiers. Là aussi, Jean-Michel Bérégovoy reconnaît une erreur d’appréciation du problème par la ville :
On a sûrement raté l’étape de la concertation fine, rue par rue, auprès des habitants.
« Reprendre la réflexion » sur le sujet
C’est donc « un vrai moratoire » que la mairie a décidé « pour reprendre la réflexion et la pédagogie sur la question ». Une nouvelle réflexion qui se fera cette fois en concertation plus étroite avec les habitants. « C’est tout ce que nous demandons », insiste le riverain membre du collectif, conscient « du problème des voitures-ventouses dans une partie de ces quartiers ».
Pour Jean-Michel Bérégovoy, la question du stationnement reste quoiqu’il arrive importante. « On ne fait pas ça pour se faire de l’argent, le stationnement résidentiel rapporte peu. C’est l’éternelle question de la place de la voiture en ville. Pour cela, nous allons continuer à travailler sur les solutions alternatives : les parkings relais et le développement du service de bus. »
À noter tout de même que l’extension de la zone payante à 53 places du quartier Luciline est quant à elle maintenue. Elle doit entrer en vigueur au 1er mai 2019.
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