Formation, effectifs, indemnités : inquiétudes chez les sapeurs-pompiers volontaires de Seine-Maritime

Formation, effectifs, indemnités : inquiétudes chez les sapeurs-pompiers volontaires de Seine-Maritime

Formation, indemnités, effectifs : les sapeurs-pompiers volontaires de Seine-Maritime sont inquiets.

Formation, indemnités, effectifs : les sapeurs-pompiers volontaires de Seine-Maritime sont inquiets. (©Isabelle Villy/Archives)

Les sapeurs-pompiers volontaires sont inquiets. « On ne peut plus se former comme avant lors de nos gardes et on doit pouvoir continuer les manœuvres, que ce soit pour l’incendie, le secours ou encore le sauvetage, pour être efficaces lors des interventions », confie un sapeur-pompier volontaire, qui ne comprend pas par ailleurs pas les changements intervenus, notamment, sur le calcul des indemnités qu’ils perçoivent pour leurs heures de garde ou d’astreinte.

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« Les volontaires, nous n’avons personne pour nous représenter »

Autre souci pour ces soldats du feu bénévole : le problème du recrutement de volontaires, alors que les centres de secours connaissent une hausse importante de leur nombre d’interventions ces dernières années. Autant d’arguments qui font que ces pompiers volontaires ressentent une certaine amertume avec la sensation qu’on veut faire des économies sur leur dos.

Les sapeurs-pompiers professionnels ont eux aussi des revendications, mais ils peuvent se défendre et faire valoir leurs demandes avec des syndicats. Ce n’est pas notre cas à nous, volontaires. Nous n’avons personne pour nous représenter, soutient ce pompier, très attaché à sa mission de secours auprès de la population.

« Des inquiétudes existent, elles sont légitimes »

Pour mieux comprendre la situation, la Rédaction a contacté la direction du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) : le commandant Chris Chislard, notamment en charge du dialogue social mais qui gère aussi la chancellerie, qui a trait aux honneurs et récompenses a accepté de clarifier la situation en nous livrant quelques clés pour comprendre l’organisation des centres de secours et le système d’indemnisation des sapeurs-pompiers volontaires. « Nous sommes conscients qu’il existe des inquiétudes, aussi bien chez les professionnels que chez les volontaires et elles sont légitimes », concède l’officier de sapeurs-pompiers.

Pour autant, les autorités départementales de Seine-Maritime devaient trouver des solutions pour faire face à la hausse importante des interventions, de près de 30 %, au cours de ces quatre dernières années.

Aujourd’hui, le Sdis cherche à augmenter ses effectifs de sapeurs-pompiers professionnels, mais on ne laisse pas pour autant tomber les volontaires, rassure le commandant Chislard.

L’emploi différencié pour faire face aux problèmes de recrutement

Un plan d’action national du volontariat a ainsi été établi en 2018, qui se traduira par 37 mesures de 2019 à 2021. Parmi celles-ci, une devrait permettre de favoriser le recrutement de sapeurs-pompiers volontaires, à savoir l’emploi différencié.

« Les citoyens qui le souhaitent pourront être formés uniquement au secours à victime. Certains sont en effet déclarés inaptes à l’incendie après les tests d’aptitude physique ou médical, mais l’emploi différencié leur permettra d’intégrer les effectifs, pour ne réaliser que du secours à personne » explique l’officier, qui voit là une bonne opportunité de résoudre le manque d’effectifs dans certains centres de secours.

Taux horaires pour l’astreinte : rééquilibrage et équité

S’agissant de l’indemnisation des sapeurs-pompiers volontaires, un mécanisme complexe constate le commandant Chislard, ce point a été abordé et étudié par un groupe de travail qui s’est tenu entre les autorités et une vingtaine de sapeurs-pompiers volontaires.

Un constat a été dressé : on s’est en effet aperçu que le nombre de pompiers se rendant disponibles la nuit était souvent trop important au regard de l’activité, alors que moins de sapeurs-pompiers volontaires faisaient l’effort de se libérer pour le jour. Ce groupe de travail visait ainsi à remettre un équilibrage et de l’équité entre les pompiers volontaires la nuit et ceux qui se rendent disponibles le jour, observe l’officier.

Les sapeurs-pompiers volontaires estiment de leur côté que leur taux horaire d’indemnité pour l’astreinte a été diminué, estimant qu’ils « n’étaient plus dans les clous financièrement, par rapport au temps consacré à leurs missions ». Ce à quoi l’officier des sapeurs-pompiers répond qu’à sa connaissance, ce « rééquilibrage », avec un taux horaire passé à 6 % (au lieu de 9 %, le taux maximal national pouvant être accordé), n’a pas de conséquences financières notables. 

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D’autant que cela ne concerne que les jours de semaine. Pour les astreintes du week-end, rien n’a été changé, fait valoir le commandant Chislard.

Dans tous les cas, il était important aux yeux du commandement de pouvoir aussi prouver de la reconnaissance à tous ceux qui font des astreintes de jour, avec l’impact social et aussi économique pour les entreprises que cela implique.

Pour mettre en pratique cette volonté de développer le volontariat, la direction du Sdis a détaché deux services, soit quatre personnes au total. « On est sensible à cette nécessité d’augmenter les effectifs, tant chez les professionnels que chez les volontaires, pour un meilleur fonctionnement des centres de secours », conclut le commandant Chislard, qui réaffirme que le Sdis est évidemment toujours à l’écoute des volontaires, comme des professionnels.

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