Pour se faire entendre, enseignants et étudiants de la fac de Lettres et Sciences humaines de Rouen (Seine-Maritime) a décidé de rédiger un cahier de doléances. (©JB/76actu)
Le grand débat national semble en inspirer certains. Pour faire entendre leurs revendications, étudiants et enseignants de la faculté de Lettres et Sciences humaines de Rouen (Seine-Maritime) ont décidé d’écrire un cahier de doléances. Exposées au cours d’une assemblée jeudi 28 février 2019, elles seront prochainement transmises à la direction de l’université.
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Un cahier de doléances du campus
Jeudi, environ 200 étudiants et enseignants du campus de Mont-Saint-Aignan se sont donc réunis pour mettre en commun leurs revendications, propositions et doléances. « On a tenté de les exposer au président Joël Alexandre qui nous a renvoyé au conseil de gestion qui nous renvoie à Joël Alexandre », expose Noredinne Chouder, co-directeur du département Langues étrangères appliquées (LEA).
On en a marre, tout ce qu’on a en réponse, c’est du mépris et des intimidations.
Décidée lors d’un conseil de gestion lundi 24 février, l’assemblée générale a permis aux participants d’évoquer les différents problèmes rencontrés sur le campus. « On a évoqué la question des frais d’inscription, notamment l’explosion de ces frais pour les étudiants étrangers, l’écrémage des licences, les examens qui ne sont pas conformes à la charte, l’état des locaux… », liste de façon non exhaustive Déborah Cohen, enseignant-chercheur au département Histoire.
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Des problèmes anciens et récurrents
Tout cela à cause « d’une logique comptable, où l’on fait tourner la machine à moindre coût », estime Catherine Vigier, co-directrice du département LEA. Son collègue Noreddine Chouder prend son département en exemple :
On a 6,5 enseignants titulaires pour plus de 800 étudiants, soit 25 % de l’effectif de l’UFR de Lettres et sciences humaines.
Des problèmes anciens et récurrents, « que la direction fait toujours mine de découvrir », assure Serge, un représentant des étudiants de LEA.
En centralisant les doléances (consultables dans le document en fin d’article) de tout le campus, les enseignants et étudiants espèrent avoir une vraie réaction de la direction de l’université. « Mais on ne se fait pas trop d’illusion là-dessus », soupire d’avance Noreddine Chouder. Mais ce n’est toutefois pas un coup d’épée dans l’eau pour Déborah Cohen :
Il a fallu cette AG pour que les directeurs de département prennent conscience des problèmes des autres départements. On s’est rendu compte qu’on avait tous de grosses difficultés.
D’autres actions en mars ?
Cette situation occasionne « un stress pour tout le monde, les enseignants, les étudiants, les secrétaires. Il y a une réelle souffrance ». Déborah Cohen ajoute que si les doléances, qui doivent être remises au doyen de l’université le 8 mars ne sont pas entendues, un recours juridique au tribunal administratif pourrait être déposée concernant la légalité des licences jugées incomplètes. Elle détaille :
En Lettres modernes, les étudiants tirent une matière au sort à l’examen et ne passent pas de partiels dans les autres matières étudiées. C’est complètement contraire à la charte des examens.
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D’autres actions pourraient suivre au mois de mars, une manifestation est déjà prévue le 11. « S’il faut occuper des ronds-points comme les Gilets jaunes, peut-être qu’on le fera », glisse Catherine Vigier. Preuve encore que l’actualité sociale et politique semble bien inspirer sur le campus de Mont-Saint-Aignan.
Contactée par 76actu, la présidence de l’université n’a pas souhaité commenter pour le moment, n’ayant pas encore eu accès aux doléances des enseignants et étudiants.
• DOCUMENT. Les doléances des étudiants et enseignants du campus de Lettres et Sciences humaines de Rouen :