Résistant, élu, militant, homme de presse, Roland Leroy est décédé le 24 février

Résistant, élu, militant, homme de presse, Roland Leroy est décédé le 24 février

Roland Leroy est décédé dimanche soir 24 février dans sa maison de Clermont-l'Hérault, où il résidait depuis sa retraite en 1994. Il aurait eu 93 ans en mai. « Avec les Stéphanais, je pleure un député et salue un camarade », a déclaré le maire Joachim Moyse en hommage à celui qui fut le député communiste de la circonscription de Saint-Étienne-du-Rouvray durant dix-huit ans (de 1956 à 1958, 1967 à 1981 puis de 1986 à 1988). « Il joua un rôle majeur dans la vie politique de notre pays durant les décennies qui vont de la Résistance jusqu'au début de ce siècle », ont quant à eux témoigné dans un communiqué les parlementaires PCF de Seine-Maritime, parmi lesquels le député Hubert Wulfranc.
Né à Saint-Aubin-lès-Elbeuf d'une mère ouvrière du textile et d'un père cheminot, Roland Leroy a été pendant vingt ans le directeur de l'Humanité (1974-1994), journal dont il a notamment créé les pages « Idées » et pour lequel il a interviewé de nombreuses personnalités de la politique internationale (Gorbatchev, Fidel Castro) et de la culture, dont Louis Aragon, Elsa Triolet, Picasso, Édouard Pignon, Jean Ferrat, qui étaient des amis proches.
Figure importante du Parti communiste français dont il fut, après avoir été secrétaire de la fédération de Seine-Maritime (1948-1960), l'un des dirigeants nationaux notamment en tant que responsable des relations avec les intellectuels et de la culture au sein du comité central, il aura commencé sa vie de militant en s'engageant dès 17 ans dans la Résistance, comme responsable clandestin des Jeunesses communistes d'Elbeuf. Le jeune résistant sabote alors des trains de marchandises pour empêcher le ravitaillement des troupes allemandes, il organise des imprimeries clandestines et, à la Libération, prendra d'assaut avec ses camarades de clandestinité la Kommandantur de Rouen. C'est également lui qui veillera à la réhabilitation de Georges Déziré exécuté à tort en 1942 par ses camarades communistes qui le croyaient traitre.
En 1955, il organise le soutien aux appelés de la caserne Richepanse, sur la rive gauche de Rouen, qui refusaient de partir pour l'Algérie.
Très attaché à Saint-Étienne-du-Rouvray, il a remis aux Stéphanais la collection des bijoux créés par Elsa Triolet entre 1929 et 1932. Ami proche de Louis Aragon, il fit venir le poète à deux reprises sur la commune, comme il l'expliquait récemment dans une interview qu'il avait accordé à la rédaction du Stéphanais fin 2018 : « J'ai vécu avec Louis la profonde douleur qu'il a ressentie à la perte d'Elsa. Je l'ai alors invité à Saint-Étienne-du-Rouvray, en août 1970. Il a accepté de venir pour marquer l'amitié qui le liait étroitement à moi. » De sa commune de cœur, il disait alors en garder « le souvenir des luttes passées et du prestige qu'était celui de Saint-Étienne-du-Rouvray à l'intérieur du Parti et du journal l'Humanité. »
Un hommage organisé par le PCF lui sera rendu samedi 2 mars à 11h30 sur la place de l'Hôtel de Ville. Des cahiers de condoléances seront déposés à la section locale du PCF rue Lazare-Carnot, entre 8h30 à 11h30, le même jour.
Photo : Jean-Pierre Sageot.

Saint Etienne du Rouvray

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