La grève générale du mardi 5 février 2019 va-t-elle mobiliser aussi bien les Gilets jaunes que les syndicats à Rouen ? (©ML/Normandie-actu)
Mardi 5 février 2019, plusieurs syndicats (CGT, FO, FSU, Sud Solidaires) ont appelé à une grève générale. Le but étant de faire front commun avec les Gilets jaunes et d’attirer les salariés des entreprises.
D’après Gérald Le Corre de la CGT Seine-Maritime, interrogé lors de la manifestation des Gilets jaunes de samedi 2 février 2019 « le gouvernement est affaibli c’est le moment de proposer une grève générale reconductible, à Rouen (Seine-Maritime). »
Pour faire plier le gouvernement, il faut bloquer l’économie.
Les salariés vont-ils se mobiliser ?
Le syndicaliste espère que la mobilisation va prendre dans les entreprises. « À la fin de la journée de mardi, on fera un bilan et on verra, entreprise par entreprise, si la grève s’est généralisée dans les services et si elle peut être reconductible. L’idée est de mettre en place une grève qui dure. »
Pour le syndicaliste, l’enjeu est de taille. « Les salariés vont-ils reprendre confiance dans la lutte ? Après les échecs de la loi Travail, de la mobilisation des cheminots… Il faut convaincre et assurer qu’aujourd’hui, le gouvernement est faible et que c’est le moment d’y aller ! »
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« Il n’y a plus le choix, maintenant, il faut faire grève »
« Il n’y a plus le choix, maintenant, il faut faire grève ! » Un argument entendu dans les rangs de certains Gilets jaunes qui distribuaient des tracts intitulés « Grève générale illimitée », lors de la manifestation rouennaise, samedi 2 février 2019.
Cependant, l’idée de se mettre en grève n’est pas si simple pour bon nombre de Gilets jaunes croisés dans le cortège de Rouen. « On est déjà précaire, c’est compliqué », souffle une employée d’un collège de Seine-Maritime, âgée de 58 ans.
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Une journée de grève, c’est 66 euros en moins
Engagée depuis le début du mouvement sur le rond-point des Vaches, elle ne sait pas encore si elle fera grève. « Une journée de grève, cela nous coûte 66 euros !, souligne la quinquagénaire.
Quand on gagne le Smic, c’est compliqué. Je vais peut-être me mettre en grève mardi. Mais je ne pourrais pas faire plus, c’est sûr.
Pour elle, il serait plus judicieux de rassembler davantage de monde les samedis. Une idée partagée par sa camarade de cortège, mère au foyer. Cette dernière ajoute : « Et puis, franchement, on est indépendant des syndicats depuis le début, alors ça pose des questions… »
Routier dans l’Eure, Michel* a fait le déplacement à Rouen pour la manifestation de samedi. « Je suis là depuis le début, assure-t-il. Mais je peux pas faire grève mardi, je dois emmener un camion dans l’est. Ce n’est vraiment pas possible. »
De son côté, pour Bruno*, 52 ans, un Gilet jaune de Barentin, « il est temps de faire rentrer les syndicats dans la lutte. Nous devons tous nous unir. Si non, on n’obtiendra rien ».
Prendra, prendra pas ?
La dernière mobilisation syndicale, vendredi 14 décembre 2019, n’avait pas été très suivie. Mais aujourd’hui, le paradigme a changé et de nombreux Gilets jaunes appellent à rejoindre la grève des syndicats. Dont des figures nationales comme Éric Drouet ou Maxime Nicolle, pour qui les manifestations ne suffisent plus. Ou bien François Boulo, l’avocat rouennais, partisan de longue date de la grève comme moyen d’action.
« Il faut que toutes les personnes qui soutiennent ce mouvement se mettent en grève parce que la seule chose qui fera plier le gouvernement sans violence, c’est de toucher à l’appareil économique », lance Maxime Nicolle sur sa page Facebook.
À la veille du mouvement, il est difficile de diagnostiquer l’ampleur de la grève du mardi 5 février. Prendra, prendra pas ? Avec le mouvement des Gilets jaunes, qui est tellement imprévisible, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.