Ces étudiants du Havre ont recréé en laboratoire les parfums marins pour la Cité de la mer

Ces étudiants du Havre ont recréé en laboratoire les parfums marins pour la Cité de la mer

Douze étudiants en chimie de l'Université du Havre (Seine-Maritime) ont élaboré des parfums sur mesure pour la nouvelle exposition de la Cité de la mer à Cherbourg.

12 étudiants en chimie de l’Université du Havre (Seine-Maritime) ont élaboré des parfums sur mesure pour la nouvelle exposition de la Cité de la mer à Cherbourg. (©MC Nouvellon)

Ouvrir un petit clapet dans le mur d’un  musée pour y sentir les véritables odeurs du bord de mer : c’est ce que proposera bientôt la Cité de la mer, à Cherbourg (Manche). En avril 2019, elle inaugurera une toute nouvelle exposition sensorielle, dont une partie du parcours sera donc olfactive. 

Cette armoire à odeurs, c’est dans les laboratoires de l’Université du Havre (Seine-Maritime) qu’elle a été conçue. Fin janvier 2019, les étudiants en Master 2 de chimie, spécialisés en « arômes, parfums et cosmétiques » (ARPAC) ont apporté leur dernière touche à leur création avant l’envoi définitif des fragrances. 

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Du marché à la criée à la formule chimique

Piochant dans le frigo du laboratoire où 500 essences, naturelles ou synthétiques, sont à leur disposition, Mariane et Suzanne testent une dernière fois leur composition. Depuis le mois d’octobre, elles ont déjà expérimenté « au moins 50 mélanges » pour parvenir à recréer l’odeur de l’huître.

On a d’abord commencé par aller sur le marché pour acheter des huîtres fraîches que l’on a analysées, raconte Mariane. En s’inspirant également d’une plante qui a le goût de l’huître, on a reformulé les molécules. Ce qui est délicat, c’est qu’on en a une perception assez familière, propre à chacun.

« Au début, nous étions parties sur une dizaine de composants, que l’on a finalement réduits à trois ou quatre », complète Suzanne, son binôme. Pour s’orienter dans leurs recherches, les étudiants ont également pu compter sur une équipe de testeurs, adultes comme enfants, venus découvrir à l’aveugle leur production.

Rester naturel sans sentir mauvais

En tout, les équipes ont travaillé sur cinq odeurs différentes : l’huître donc, mais aussi le crabe, les algues, le poisson et enfin l’odeur iodée. Plus habitués à recréer des odeurs de fraise ou à décortiquer les formules des produits cosmétiques, les étudiants se sont ici retrouvés confrontés à un nouvel univers.

Pour certaines fragrances, les étudiants ont dû réalisé jusqu'à 50 tests en laboratoire.

Pour certaines fragrances, les étudiants ont dû réaliser jusqu’à 50 tests en laboratoire. (©MC Nouvellon)

Difficulté supplémentaire : « le but est bien d’évoquer le produit marin en mode naturel, donc avec des fragrances différentes de celles des produits cuisinés, que l’on connaît bien », précise Géraldine Savary, l’une des enseignantes qui chapeaute le projet. Le tout sans tomber dans un parfum de poisson trop odorant qui rebuterait le visiteur !

Une expérience inédite et formatrice

« Il a fallu s’adapter aux différentes contraintes techniques pour réussir à recréer les odeurs de façon à ce qu’elles puissent durer dans le temps sans pour autant embaumer toute l’exposition », poursuit l’enseignante. Encadrés par leurs professeurs, les étudiants ont également pu compter sur l’aide de Cécile Vialla, directrice de la Maison de Parfums Berry, à Rouen.

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C’est elle qui se chargera de la mise en production des fragrances. Elles seront déclinées sous forme de petites capsules conçues pour durer six mois, qui seront agrémentées d’un système de ventilation dans l’exposition.

L'Océan du Futur

Au printemps 2019, La Cité de la Mer vous invite à plonger dans sa nouvelle grande aventure et vous ouvre les secrets de l'Océan. 🤩-L'équipe de La Cité de la Mer vous souhaite une belle année 2019 ! 🎊

Publiée par Cité de la Mer sur Lundi 31 décembre 2018

L’expérience est plutôt inédite et vient quelque peu bouleverser les traditionnels projets de fin d’étude menés en fin de Master 2. « Cela nous a appris à formuler, à reproduire une odeur et surtout à nous adapter aux problèmes qui surgissent », retient Maud, qui a, elle, développé la senteur iodée.

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