Le conseil municipal de Rouen (Seine-Maritime) s’est tenu le 28 janvier 2019. Y a notamment été voté le budget primitif de l’année en cours. (©JBM / 76actu)
Premier conseil municipal de l’année oblige, il a longuement été question lundi 28 janvier 2019 à l’hôtel de ville de Rouen (Seine-Maritime) du vote du budget de l’année en cours.
D’un point de vue comptable, le budget pour 2019 est chiffré à 185,37 millions d’euros (il était de 187,18 millions d’euros pour 2018). La dette continue de diminuer, de 11,4 millions d’euros, et les taux de fiscalité restent inchangés.
« Frénésie fiscale »
« C’était la dernière séquence », a chantonné Bruno Devaux (LR), en introduction du débat, pour rappeler qu’il s’agissait là de la dernière présentation de budget d’année pleine pour le maire Yvon Robert avant les élections de 2020, où l’homme a d’ores et déjà annoncé qu’il ne se présenterait pas.
Passé cet interlude musical, le conseiller municipal d’opposition a montré les crocs, taxant la politique d’Yvon Robert de « frénésie fiscale », puis pointant « un budget peu sincère ». Selon Bruno Devaux, ledit budget « oublie » entre autres choses de faire mention d’une augmentation des revenus générés par les nouveaux forfaits post-stationnement (FPS), ces amendes de stationnement distribuées par les Lapi, des véhicules verbalisateurs.
« À propos d’hystérie fiscale, se défend un Yvon Robert combatif, le taux de la taxe d’habitation est de 22,2%, contre une moyenne nationale de 22,08%. Je n’appelle pas ça de la sur-fiscalité. » Quant au FPS, l’élu en charge du stationnement Christophe Duboc assure que l’objectif de la ville n’est pas financier.
Règlement de comptes
Le maire de Rouen, à l’occasion de son intervention, a à son tour dénoncé, comme pour régler ses comptes avec l’élu LR, le « gaspillage d’argent en pure perte » de l’ère Albertini (2001-2008), lorsque Bruno Devaux avait la charge de la politique de la ville. Il cite notamment, en additionnant les sommes dépensées, la rénovation des immeubles verre et acier de la Grand mare quelques années avant leur destruction, ou encore les travaux qu’il juge hors de prix et peu visibles du parking du même quartier etc. « Je m’arrête là, je pourrais vous citer beaucoup d’autres exemples », conclut-il.
« On ne va pas se lancer dans une guerre de chiffres », évacue Bruno Devaux. « Notre politique n’était pas identique à la vôtre. Nous voulions mettre l’économie au cœur du quartier, pas vous. »
Du côté du Rassemblement national, Guillaume Pennelle dénonce quant à lui un « budget idéologique ». « Vous n’avez rien fait pour améliorer la ville, et notamment ses finances, pas plus d’ailleurs que vos prédécesseurs », martèle-t-il.
#cmrouen ce soir. Situation des commerces dans le contexte des gilets jaunes, budget 2019 qui signe l’atonie du mandat alors qu’impôts et taxes auront considérablement augmenté, Rouen capitale de la culture pour laquelle nous appelons à associer le plus grand nombre de Rouennais pic.twitter.com/xnvGnL2cWD
— Robert PICARD (@rpicard) January 28, 2019
Au Conseil municipal de #Rouen je dénonce un budget idéologique.
Les associations gauchistes et pro-#migrants touchent des sommes considérables au détriment de petites associations apolitiques. #StopauClientelisme #cmrouen pic.twitter.com/CUyiMYFdTl— Guillaume Pennelle (@RouenPennelleRN) January 28, 2019
La majorité vote à l’unanimité
Si le budget n’a sans trop de surprise pas été voté du côté de LR, de l’UDI ou du Rassemblement national, il l’a en revanche cette année encore été par l’ensemble de la majorité.
C’est une réponse solidaire, écologique et démocratique à notre ville et à ses citoyens, s’est enthousiasmé, entre deux citations d’Hegel, Jean-Michel Bérégovoy, élu Europe écologie les verts.
Au vote, le dernier budget primitif pour une année pleine de l’ère Yvon Robert est finalement, à l’instar de celui de l’année passée, adopté par 41 voix contre 14.
Le budget prévisionnel 2019 en quelques chiffres :
– 185,37 millions d’euros : le montant du budget principal de la Ville de Rouen
– 25,02 millions d’euros : le montant des investissements d’équipement, en légère hausse par rapport à 2018
– 11,4 millions d’euros : le montant de dette remboursée entre 2018 et 2019
– 0% : Les taux de fiscalité resteront inchangés pour l’année 2019.
Consulter le dossier de presse du conseil municipal présentant notamment les grandes lignes du budget 2019 :