Le communiqué d’EDF en date du 28 janvier 2019, a divisé les élus du Havre sur son interprétation. (Archives©V-G/76actu)
Le projet Ecocombust, c’est la reconversion espérée pour les salariés de la centrale à charbon au Havre (Seine-Maritime) dont l’activité est amenée à disparaître. Sauf que… un communiqué de presse d’EDF paru lundi 28 janvier 2019, dans lequel il n’est fait aucune mention du site du Havre au sujet de cette alternative, pose question.
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Rien sur Le Havre !
Le vœu à propos de la centrale thermique déposé par le groupe des élus communistes et républicains lors du conseil municipal du lundi 28 janvier 2019, est tombé pile le jour du communiqué publié par EDF concernant sa volonté de développer son projet Ecocombust. Une coïncidence ? Le maire Luc Lemonnier n’y croit pas.
Que dit le communiqué ? Rien sur Le Havre et c’est bien là que le bât blesse, car en revanche sur la volonté de requalification des centrales à charbon via l’Ecocombust, EDF a réaffirmé son ambition :
Le projet Ecocombust consiste à fabriquer un combustible innovant et écologique permettant le fonctionnement d’installations de chauffage ou de production électrique utilisant actuellement du charbon. La fabrication du combustible se ferait sur place et permettrait de lancer une nouvelle filière afin de valoriser des déchets de bois qui ne trouvent pas d’usage aujourd’hui et sont le plus souvent enfouis ou mis en décharge.
« Ecocombust est le fruit d’un travail engagé dès 2015 par les équipes d’EDF afin d’étudier la mise au point d’un nouveau type de combustible à base de biomasse initialement destiné à alimenter ses centrales au charbon », insiste encore EDF dans son communiqué.
Deux des quatre centrales thermiques en France – Cordemais (Bretagne) et Le Havre – sont engagées dans ce processus de transition verte. Mais devant l’insistance du ministre de la Transition écologique à vouloir fermer les quatre, des élus sont inquiets et veulent marquer les esprits.
« L’objectif de la fermeture de 4 centrales à charbon d’ici à 2022 sera tenu. Pour être crédible dans la lutte contre le réchauffement climatique, il faut le faire ! Et nous le ferons en accompagnant l’ensemble des territoires et des salariés concernés » @BFMTV #BFMPolitique
— François de Rugy (@FdeRugy) September 23, 2018
Des élus veulent qu’Édouard Philippe tranche !
Jean-Louis Jegaden, élu de l’opposition et rapporteur du vœu déposé lundi, demande « à M. le Premier ministre de prendre position sur l’avenir de la centrale thermique du Havre comme l’a fait le 10 janvier 2019, le ministre de l’Écologie concernant la centrale de Cordemais, engagée dans un processus de reconversion industrielle lancée sur l’Ecocombust ».
COMMUNIQUÉ | Centrale à charbon de Cordemais : le @Min_Ecologie met en œuvre les engagements du #PlanClimat et étudie un projet de reconversion : https://t.co/IaXdVJWRQQ pic.twitter.com/g4S6xZG3pN
— Ministère Écologie ❄️ (@Min_Ecologie) January 11, 2019
Ironiquement l’élu soutient que s’il ne le faisait pas, « cela montrerait alors que le ministre de l’Écologie a plus de poids que le Premier ministre en France ! »
Luc Lemonnier et sa majorité ont refusé d’adopter ce vœu :
Je préfère les avancées aux menaces. Les déclaration successives du ministre et d’EDF sont de bonnes nouvelles. C’est un projet qui continue d’avancer. J’ai rencontré récemment la direction de la centrale et je préfère laisser sa chance au produit plutôt que d’opter pour la polémique.
Décision dans un mois ?
N’obtenant pas gain de cause, l’élu de l’opposition a soutenu qu’il « ne souhaitai[t] pas être polémique », mais qu’il « pense vraiment que vu le contexte, à ne vouloir rien dire, rien faire, on risque un jour de s’en mordre les doigts ».
Du côté de la centrale Frédéric Guérin, délégué CGT pense « qu’EDF essaie de faire croire que Le Havre peut continuer d’exister. Il se dit qu’Édouard Philippe demande à ce que l’on sauve notre centrale, mais je pense que la décision sera vraiment prise dans un mois. » Elle dépendrait selon lui du résultat du rapport de RTE (Réseau de transport d’électricité) sur les besoins du grand ouest en production d’énergie. Un premier rapport a déjà été rendu, mais le ministre de la Transition énergétique aurait demandé une expertise complémentaire.
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