Le maire délégué de la Commune nouvelle de Buchy Patrick Chauvet (en haut à droite) était présent à Grand-Bourgtheroulde dans l’Eure, pour la rencontre avec Emmanuel Macron, en compagnie de nombreux élus de Normandie, comme la sénatrice Catherine Morin-Desailly (au premier plan). (©Facebook/C.Morin-Desailly)
De retour de Grand-Bourgtheroulde, dans l’Eure, où il a assisté au grand débat organisé entre les maires de Normandie et le président de la République Emmanuel Macron, le maire délégué de la Commune nouvelle de Buchy Patrick Chauvet s’est prêté à un exercice de debriefing. L’élu s’est dit surpris de l’accessibilité du chef de l’État et veut rester optimiste pour l’avenir. Mais il sait bien que la synthèse de toutes ces rencontres sera évidemment difficile, voire épineuse à réaliser pour Emmanuel Macron. Pour le maire de Buchy, le président devra toutefois garder en mémoire des points essentiels, pour que l’apaisement revienne en France.
« Depuis longtemps on a confisqué le fruit du travail »
Et pour Patrick Chauvet, une des données essentielles de cette équation, qui n’a pourtant pas été vraiment abordée lors de ce grand oral marathon de près de sept heures en Normandie, touche directement au quotidien des Français. « Les gens ne profitent pas du fruit de leur travail. Il faudrait être plus efficient. Le travail, c’est une valeur importante. Or, depuis longtemps, on a confisqué le fruit du travail. Il est essentiel qu’on retrouve la reconnaissance du travail. Ce n’est pas un problème qui date aujourd’hui, mais maintenant, il devient nécessaire de faire une révolution de simplification. On a tellement complexifié les choses, créé des services… », réfléchit l’élu, qui estime par ailleurs que « la France s’est affaiblie en sur-normant ».
Pour revenir à ce grand débat, « une démarche qui n’avait encore jamais été vue », Patrick Chauvet veut donc rester optimiste pour la suite des événements. Il constate d’ailleurs que le président et les gouvernants se sont avisés (à temps ?) que les maires existaient, qu’ils sont directement au contact de la population, le premier échelon vers lequel se tournent volontiers les concitoyens. Des élus de proximité qui sont donc, de fait, des relais essentiels sur lesquels éventuellement s’appuyer. Des alliés naturels en somme avec lesquels Emmanuel Macron a donc échangé sans barrière, ce mercredi 16 janvier.
« Je souhaite qu’il trouve les clés de l’apaisement »
« Il nous a redit que tout n’était pas de son fait, mais ça ne doit pas le dégager de ce qu’il fait aujourd’hui », observe Patrick Chauvet, qui dit souhaiter qu’Emmanuel Macron « trouve les clés de l’apaisement », afin d’enrayer ce phénomène d’une société qui se déchire. « Il a commis des erreurs, c’est vrai », observe le maire de Buchy qui regrette une sorte de brutalité qu’on a pu parfois constater dans l’attitude du Chef de l’État, avec des propos maladroits, mais il tempère tout de même son propos en rappelant que la situation que le pays expérimente aujourd’hui, découle sans aucun doute de la désindustrialisation amorcée il y a plusieurs décennies.
« Il ne faut pas taper sur les gens »
Mais quand même, Patrick Chauvet pense qu’il « ne faut pas taper sur les gens comme ça. Il ne faut pas embêter les Français… Pour prendre un exemple, on a vu que sur la question des 80 km/h, il était prêt à remettre du pragmatisme ». Preuve selon l’élu que « l’échange et la communication sont toujours utiles. Il a bien fait de faire cela. Quand on n’est pas d’accord, on s’explique et alors on trouve plus de compréhension » reste convaincu Patrick Chauvet.
La synthèse sera difficile
Et en l’occurrence, il estime que cette première étape en Normandie pour Emmanuel Macron va dans le bon sens.
«l faut lui reconnaître cela. Il n’a écarté aucune question. Il était ouvert et à l’écoute. Et quand il a apporté des réponses, c’était surtout en apportant des explications.
Toutefois, Patrick Chauvet pense que la synthèse de ces rencontres avec les maires de France sera difficile, tant il peut y avoir des contradictions dans les demandes.
Tout comme il sera complexe de tirer des enseignements des cahiers de doléances que les Français peuvent aller remplir. « À Buchy, nous avons transmis le cahier de doléances à la députée, chargée de les faire remonter. Mais ce qui revenait le plus souvent c’est : ’Macron, démission ’… » , observe Patrick Chauvet, comme pour dire qu’il n’y a rien à répondre à cela. Une démission, mais après, que fait-on semble interroger l’élu…
« Il faut cultiver l’apaisement »
Dans tous les cas, le maire de Buchy insiste sur le fait que « la violence n’apportera rien. Je souhaite sincèrement qu’on cultive l’apaisement. On ne peut pas laisser un pays aussi divisé », conclut Patrick Chauvet.