Le procès des gérants du Cuba Libre, bar de Rouen (Seine-Maritime) qui a brûlé en août 2016 tuant 14 personnes, doit avoir lieu du 9 au 13 septembre 2019. (©JB/76actu/Archives)
Trois ans après le drame, les victimes de l’incendie mortel du Cuba Libre à Rouen (Seine-Maritime), survenu en août 2016, vont avoir droit à un procès. D’après Me Dominique Lemiegre, avocat de la mère d’une des 14 personnes décédées, les gérants du bar comparaîtront au tribunal correctionnel du 9 au 13 septembre 2019. Pour l’heure, le parquet de Rouen n’a pas été en mesure de nous répondre pour confirmer cette information.
Un procès hors normes
Le procès s’annonce d’ores et déjà hors normes puisque d’après Me Lemiegre, le dossier compte « environ 140 parties civiles ». Les deux frères, gérant et propriétaire du bar, seront jugés pour « homicides et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ».
Il leur est reproché de n’avoir pas respecté les normes de sécurité dans le choix des matériaux qui aménageaient le sous-sol de l’établissement et d’avoir laissé verrouillée l’unique sortie de secours de la cave aménagée.
Ils encourent cinq ans de prison
Dans la nuit du 5 au 6 août 2016, lors d’une soirée d’anniversaire, un incendie s’est déclaré dans la cave aménagée sans autorisation de ce bar situé sur la rive gauche de Rouen. 13 personnes ont péri cette nuit-là, une quatorzième a succombé quelques jours plus tard.
Les familles des victimes attendent ce procès avec impatience et ont regretté le fait que les gérants soient jugés en correctionnel et non aux assises (qui traitent les affaires criminelles). Les accusations retenues contre les gérants sont passibles de cinq ans de prison ferme et de 75 000 euros d’amende.
La famille représentée par Me Lemiegre avait écrit aux parlementaires de Normandie, pour qu’une proposition de loi soit déposée afin de faire évoluer les sanctions dans ce genre de faits. Ils proposaient le doublement des peines encourues pour ce délit pour qu’elles passent à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.